Ainsi, après l’agression inacceptable de Jean-Marc Bergia le 28 juillet, le gouvernement s’est saisi du problème des élus locaux et des violences qu’elles et ils subissent.

Ce 30 août, soit un mois après, le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu intègre dans un déplacement sur la région une rencontre avec le maire de Saubens, son conseil municipal et de nombreux élus locaux.

Etaient présent-e-s : Georges Méric, président du conseil départemental, les sénateurs Françoise Laborde et Claude Raynal, la députée LREM Sandrine Mörch, ainsi que Thierry Suaud, vice-président du Muretain Agglo, dont fait partie le village de Saubens. André Mandement, président du Muretain Agglo, était lui absent, retenu par une réunion.

Cette matinée s’est déroulée en trois étapes. Tout d’abord un entretien à huis clos de plus d’une heure dans le bureau du maire, avec la sous-préfète de Muret et la députée de la circonscription. Puis, en salle du conseil municipal, il y eut un échange avec les conseillers municipaux, les deux sénateurs et plusieurs maires des communes voisines en soutien à leur homologue blessé et traumatisé. Nous ne pouvons pas aborder le contenu car la presse ne fut pas acceptée ! Mais avant de quitter la salle, nous avons clairement entendu Jean-Marc Bergia préciser qu’il ne souhaitait pas un débat partisan et politico-politicien, mais une réflexion et des propositions pour trouver des solutions, dans un respect de la parole de l’Autre. Cet échange était prévu durer 45 minutes, il a duré plus d’une heure et demie!

A sa sortie,  Sébastien Lecornu a rappelé quelques lignes directrices du projet de loi « Engagement et proximité » qu’il va soumettre à l’Assemblée en septembre :

  • « Il faut briser ce qui commence à s’apparenter à une forme de loi du silence en poussant les élu-e-s à saisir les autorités compétentes pour toute agression, physique ou verbale. Il ne faut rien laisser passer, il faut lutter contre la banalisation  des violences. »
  • Il a notamment insisté sur le fait que désormais, les Parquets « feront appel lorsque les peines seront jugées sensiblement insuffisantes. »
  • Le ministre a rappelé « qu’on ne peut pas accepter » les 361 agressions verbales ou physiques recensées contre les élus en 2018, en hausse de 4 % par rapport à l’année précédente.

Un soutien psychologique pour les élus victimes : Face au manque de moyens de certaines petites communes, l’Etat prendra désormais en charge, via une assurance, les frais juridiques engagés par les élus victimes d’agressions. Et un soutien psychologique sera garanti, ainsi que l’a demandé le maire de Saubens. Il s’agira aussi de simplifier la relation entre les maires et les brigades de gendarmerie, ou de la création d’agents assermentés en milieu rural, sur le type des « garde champêtres » d’antan.

De plus, Sébastien Lecornu rencontrera le 12 septembre à Paris une douzaine de maires victimes de violences pour discuter de mesures concrètes afin d’assurer la sécurité des élus de terrain.

Jean-Marc Bergia a déclaré : « Cela va  dans le bon sens, des mesures concrètes devraient être décidées ». « Le ministre nous a entendus. Il a compris le poids des normes et des démarches de plus en plus contraignantes que nous subissons et dont certains administrés nous jugent responsables. C’est un bon début ».

Pour rappel des faits :

https://www.petiterepublique.com/2019/07/28/maire-de-saubens-agresse-caravanes-forcent-passage/

https://www.petiterepublique.com/2019/07/30/agression-maire-de-saubens-comparution-immediate-deux-prevenus-lourdement-condamnes/

https://www.petiterepublique.com/2019/08/23/agression-de-saubens-visite-ministerielle-de-soutien/