Fibre Excellence: l’appel pour une nationalisation temporaire de l’usine rejeté par le gouvernement

Jeudi 3 septembre 2026, 11h00, assemblée des salariés de l'usine Fibre Excellence à Saint-Gaudens.

Ce matin du jeudi 3 septembre 2026, le ministre chargé de l’Industrie Sébastien Martin a déclaré sur un plateau de télévision «il reste quelques heures, quelques jours pour trouver une solution» et sauver l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, alors que le tribunal de commerce de Toulouse a fixé ce même jour comme date limite pour une dernière offre de reprise…

A la demande de nationalisation temporaire adressée la veille au président de la République par la présidente de Région Carole Delga, c’est le ministre délégué qui a répondu par une fin de non recevoir: «la demande de nationalisation n’est pas l’option la plus pertinente».

C’est peu dire que ces propos laconiques de quelques secondes ont assombri le climat du rassemblement des salariés devant l’usine «Fibre Excellence» en fin de matinée, d’autant que le ministre a encore affirmé «L’État a été extrêmement présent auprès de cette usine. Depuis 2020 on a injecté des dizaines de millions d’euros dans cette entreprise, et depuis le mois de janvier on cherche des repreneurs». Comme si l’arrivée au bout du chemin était entérinée sans le dire expressément, avant même que le tribunal ne se soit prononcé, et en laissant à ce dernier la charge de la décision finale. Des propos ministériels par ailleurs très durement contestés par les représentants CGT des salariés quant à la véracité des faits allégués concernant les millions d’euros injectés et les recherches de repreneurs entreprises par le gouvernement…

Cédric Caubère, responsable départemental CGT estime que «nous n’avons jamais été aussi avancés sur les dossiers de reprise avec un pool important d’investisseurs français et étrangers, travaillé par la Région durant tout l’été. Il semblerait que le tribunal ne puisse accorder un délai supplémentaire». L’audience du tribunal de commerce de Toulouse aura lieu le 8 septembre, avec un délibéré annoncé pour la semaine suivante.

«Il demeure une seule possibilité, a conclu Cédric Caubère, que le président de la République décide de nationaliser provisoirement l’outil industriel pour donner le temps au projet de se mettre en place. Un décret suffit».

Les propos du représentant syndical sont au diapason du discours du député Joël Aviragnet qui s’exprime en faveur d’une «usine compétitive et rentable dont on a besoin localement et nationalement. C’est la dernière usine en France à faire de la pâte à papier. Elle est  nécessaire à l’industrie, au territoire, à la patrie, à la nation». Il souligne les risques de perte des 270 emplois du site et des 2000 emplois indirects de la filière bois, les risques de perte de souveraineté du pays et de sa dépendance de l’étranger. «Les financeurs ont été trouvés à hauteur de 90 M€, il manque un opérateur, rappelle Joël Aviragnet. Cela demande des compétences, une stratégie industrielle à long terme qu’il faut étudier. Jusqu’à maintenant, c’est la Région qui a travaillé. Nous avons maintenant besoin de l’État. Carole Delga a demandé une nationalisation stratégique temporaire avec une entrée au capital de l’État de 15 M€. Alors que, si l’usine ferme, le coût sera de 55 M€ pour le chômage et la dépollution du site notamment».

La présidente de Communauté de commune Magali Gasto-Oustric précise: «15M€, c’est 0,07 % de l’enveloppe annuelle de 211 Mds d’euros dédiée à l’aide aux entreprises. Il y a de la part de l’État la volonté de ne pas faire, alors que prendre cette décision de nationalisation temporaire relève de ses compétences purement régaliennes. Le business plan est fiable dans la durée. Il faut du temps pour concrétiser le projet, trois mois, peut-être moins».

«C’est une question de volonté politique» assène Joël Aviragnet qui met en cause «une position idéologique du gouvernement».

Cédric Caubère a dénoncé le «scandale» et «le mépris» d’un gouvernement «qui est en train de ruiner l’industrie papetière française pour ouvrir la porte à la pâte à papier asiatique». Joël Aviragnet a invité les salariés «à rester mobilisés avec les élus qui vont continuer à mettre la pression sur le gouvernement». Ils ont été écoutés par une assemblée observatrice, attentive, silencieuse, voire mutique.

 

Jeudi 3 septembre 2026, Cédric Caubère (secrétaire départemental CGT), Nicolas Bruel (secrétaire CGT de l’usine), Cédric Byé (président du CSE), se sont adressés à leurs collègues salariés.

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