Fibre Excellence: la CGT vent debout contre les allégations du ministre délégué chargé de l’industrie

Jeudi 3 septembre 2026, prises de parole de Cédric Byé (président du CSE), Nicolas Bruel (délégué CGT) et Cédric Caubère (secrétaire départemental CGT), devant les salariés de l'usine Fibre Excellence.

Le syndicat CGT est vent debout depuis la déclaration du ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin qui a déclaré ce jeudi 3 septembre 2026 «depuis 2020, on a injecté des dizaines de millions d’euros d’argent public dans cette usine».

Lors de l’assemblée des salariés qui a suivi dans la même journée, le syndicat s’est exprimé avec des mots sans concession à l’égard du ministre pour s’élever contre des propos qu’il estime mensongers.

Dans un communiqué, la CGT apporte son propre éclairage: «le gouvernement brandit «plus de 100 M€ d’argent public depuis 2020» pour présenter Fibre Excellence comme entreprise durablement assistée. Mais ce chiffre est faux, l’usine de Saint-Gaudens n’a bénéficié d’aucune aide spécifique, et cela ne dit rien de la performance économique de l’usine de Saint-Gaudens».

Le syndicat note un chiffre d’affaire cumulé de 2,3 Md€ pour la période 2011-2025 (à savoir depuis le rachat de l’usine de Saint-Gaudens par Paper Excellence en 2010), et un excédent brut d’exploitation de 139 M€ pour la même période.

Il précise que sur les 4 années 2021-2024, Saint-Gaudens a généré environ 135 M€ d’EBITDA (un indicateur qui permet d’évaluer la performance économique d’une entreprise en se concentrant uniquement sur son activité opérationnelle), tout en investissant plus de 50 M€ dans son outil industriel, en se désendettant fortement, et en remontant 22 M€ de dividendes au Groupe.

Une analyse partagée par nombre d’élus, dont le député Joël Aviragnet présent ce jeudi auprès des salariés qui a dit et répété «l’usine est compétitive et rentable».

Selon la CGT, la crise est due à un «retournement brutal du marché en 2025 et 2026 qui intervient après une période où Saint-Gaudens a investi, remboursé sa dette et surtout transféré une partie de sa trésorerie au Groupe. Sans les dividendes payés, notre réserve de trésorerie aurait été de l’ordre de 45 M€ fin 2024,  nous donnant un matelas bien supérieur pour absorber le choc».

Le syndicat poursuit: «Saint-Gaudens ne demande pas à l’État de compenser quinze ans de pertes. Nous demandons pour la première fois un soutien spécifique afin d’obtenir du temps et un financement transitoire pour franchir une crise exceptionnelle».

Une communication de chiffres financiers précis en forme de rappel, de mise au point, et aussi de mise en garde dans la crise d’une entité industrielle qui menace l’emploi, l’économie d’un territoire (filière bois, commerces, services publics) et la souveraineté papetière du pays.

 

Jeudi 3 septembre 2026, élus et représentants syndicaux CGT lors du point presse.

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