De n’importe quel côté où l’on se tourne tout nous semble noir, difficile, triste parfois désespérant. Le complot est partout et le bateau France est en perdition dans une mer démontée. Le port qui permettrait de mettre les passagers à l’abri semble hors d’atteinte et la catastrophe, sauf miracle, semble inéluctable. Des immenses icebergs se sont détachés et menacent le paquebot. Comme dans tout naufrage imminent, on oublie, à quelques exceptions près, l’expression « les femmes et les enfants d’abord ». Chacun veut sauver sa peau quitte à tuer l’autre ou le piétiner pour atteindre le premier le canot de sauvetage. C’est chacun pour soi et l’intérêt collectif qui permettrait de sauver tous les passagers est inapplicable car plus personne ne croit aux consignes du capitaine et de son équipage.

Sur ce bateau on ne se parle plus, on ne s’écoute plus, on ne s’entend plus, on se vocifère se lançant à la figure quelques insanités et les insultes les plus diverses pour calmer sa colère dont ne sait même plus d’où elle provient. On est contre tout et on le manifeste avec ferveur pour certains avec violence. Chacun est ancré dans ses certitudes persuadé de détenir la Vérité. Comme toujours en pareil cas c’est forcément la faute du capitaine qui n’a pas su naviguer et de son équipe de marins d’eau douce certainement recrutés à la hâte et sans réelle formation.  Des Philippins que l’on peut voir dans les reportages TV, peu regardant sur le contrat, du moment qu’ils peuvent avoir le poste. Pourtant un gros paquebot pour ne pas qu’il sombre doit être forcément gouverné. N’importe qui ne peut, sans aucune expérience sauf sa gouaille, se mettre à la barre et avec une forte probabilité conduire tout droit le bateau dans les icebergs.

On ne croit plus à la parole publique ou officielle. Nos dirigeants nationaux, nos scientifiques, notre corps médical, les médias, les partis politiques, tous ceux qui possèdent la moindre autorité ou pouvoir coercitif ne sont plus crédibles ou respectés. Ils n’ont aucune vérité à dire et tout ce qui sort de leur bouche est mensonge ou manipulation. On leur préfère les réseaux sociaux seul moyen de communication qui trouvent grâce à leurs yeux pour une information de qualité. On y trouve tout et son contraire mais tout ce qui est dit est la Vérité Vraie celle de source sûre qui relève des certitudes et non des convictions. On ne cultive plus le doute.

On déguise le président en Hitler, on parle de dictature en France niant de fait l’état démocratique qui permet par l’élection quand même de porter au pouvoir des candidats que l’on peut virer, quand on le veut, par un simple bulletin de vote. Oui mais voilà ceux la même qui crient au loup font partie pour nombre d’entre eux des 65 % d’abstentionnistes qui se lavent les mains comme dirait Ponce, pas Pierre qui lui est conteur. Dénoncer, détruire oui mais construire autre chose par la simple Loi d’être majoritaire, c’est tout autre chose. On parle de dictature en France comme celle peut être que l’on voit sur nos écrans actuellement en Afghanistan où les minorités peuvent s’exprimer librement ? Excès vous avez dit excès?

Si les minorités doivent pouvoir s’exprimer librement et manifester librement pour dénoncer des abus et des scandales les plus divers doivent-elles pour autant pouvoir imposer à la majorité leur Vérité ?

Dans quelques mois nous allons voter pour changer le Capitaine du bateau et tout l’équipage en espérant que d’ici là le navire n’ait pas entièrement coulé en tentant de retrouver le Nord et le port. Pas sûr que les passagers, trop occupés à se chamailler pour un gilet de sauvetage, s’intéressent de près à cet événement qui au fond ne changera rien à leurs yeux!

Dans la vraie vie, pour ceux qui ont pu, les Français rentrent de vacances et n’ont que faire de ce monde devenu fou. Concentrés sur eux-mêmes, ils essayent de continuer à vivre le plus gaiement possible considérant que le monde politique s’arrête au niveau des territoires encore accessibles et compréhensibles. Le Jacobinisme est-il mort ?

Allez, haut les coeurs! Muni de mon IM PASS qui a succédé au PASS SANITAIRE dans la nouvelle Loi d’urgence qui dure encore et encore (Cabrel) je vais pouvoir aller faire mon plein d’essence pour me rendre dans les faubourgs de Toulouse n’étant plus autorisé à y pénétrer. Je rentre dans la catégorie des mauvais citoyens pauvres équipés de voiture indigne. Je vais finir par perdre mon emploi… Mais ceci est une autre histoire…