Une quarantaine d’élus de la Communauté de communes Neste-Barousse s’étaient donnés rendez-vous samedi 5 décembre, pour protester contre la fermeture programmée des perceptions de Loures Barousse et de Saint Laurent de Neste.

S’étaient joints à eux, Françoise Péraldi, conseillère départementale et régionale, Laurent Lages, conseiller départemental et des syndicalistes CGT des Finances publiques. Sans oublier Yoan Rumeau, président de la Communauté de communes.

Plaidoyer pour le maintien d’un service de proximité

Déjà il était question en 2016 et 2018 de la fermeture de ces trésoreries. « Mais la raison l’avait emporté », clame Roger Marchand, premier adjoint au maire de Loures Barousse, empêché.

C’est lui qui accueille ses collègues pour un plaidoyer en règle.

« Nous sommes là aujourd’hui pour nous opposer à la fermeture des trésoreries de Loures Brousse et de Saint Laurent. Nous n’acceptons pas le regroupement de ces moyens sur Lannemezan et Tarbes. » Le ton est donné. Pour le premier adjoint, aucune concertation avec les élus locaux, la population et les agents des finances publiques n’a été faite. Les compensations proposées par les finances publiques (même interlocuteurs à Lannemezan, un conseiller aux collectivités maintenu dans l’intercommunalité et deux points de contacts dans les espaces France-service de Saint Laurent et de Sarp), ne satisfont pas les élus.

Si ces fermetures sont confirmées, cela veut dire pour certains habitants, d’avoir à parcourir plus de 30 km pour se rendre à Lannemezan ou utiliser Internet pour communiquer avec l’administration fiscale. « Car les plus fragilisés ne maîtrisent pas l’outil informatique. Certains n’ont pas de téléphone portable, pas d’ordinateur et pas de véhicule pour se déplacer. »

Le représentant de la CGT rappelle que la situation était la même en 2015. Il souligne ensuite que l’administration souhaite « rayer de la carte les treize trésoreries du département  à l’horizon 2023. » Et un peu plus loin : « On n’est pas des passéistes.  On ne refuse pas le numérique. Par contre, on dit, le service public doit rester humain.  Derrière tout cela, il y a la volonté de réduire l’emploi public. D’ailleurs, le directeur des finances publiques remet en cause aujourd’hui les points de contact.» Et de poursuivre en insistant sur le fait que la consultation des élus, par le directeur général des finances publiques n’a été faite que partiellement : « certains parlementaires, le conseil départemental n’ont pas été consultés, car ils sont opposés au projet. »

« Les quarante-trois communes qui composent la communauté de communes ont délibéré dans le sens où les trésoreries doivent rester », souligne Yoan Rumeau. « Nous avons également le soutien de parlementaires et Carole Delga nous a envoyé un message de soutien. Notre communauté est à cheval sur deux bassins de vie, avec un projet commun. Toutefois la population vit sur deux territoires qu’on ne peut fusionner.  Nous irons jusqu’au bout de notre démarche et nous gagnerons.»

« Nous avons l’impression de vivre un jour sans fin, celui qui nous confronte à la réalité », lance Laurent Lages. « La fermeture des services publics en milieu rural est un acte politique fort qui vise à privilégier un territoire par rapport à un autre. » Une motion a été déposée au Conseil départemental le 4 décembre afin que les perceptions restent ouvertes.

« Nous nous organisons au mieux pour pallier aux carences de l’Etat », avance Françoise Péraldi. Elle lit ensuite le texte de la motion du Conseil départemental 65 qui prône le maintien des services publics dans le monde rural.