La crise de la Covid-19 et le retour sur le devant de la scène de l’islamisme radical avec son lot d’horreur absolu/e, a créé ce sentiment très fort que la République et ses valeurs fondamentales ne pouvaient être que la solution à tous nos problèmes. On allait tout résoudre avec les 5 mots qui sont Liberté Egalité Fraternité, Laicité et Solidarité dans cette Belle France des villes et des campagnes.

Mais voilà lorsqu’on se tourne vers notre République salvatrice pour qu’elle guérisse tous nos maux on ne peut que constater qu’elle est bien malade et son affaiblissement, qui tend à devenir chronique, l’empêche de jouer son rôle de rassembleuse, rôle protecteur telle une mère envers ses enfants. Pourtant des milliards ont été injectés pour tenter de sauver les meubles. L’argent ne suffit plus quand la confiance a disparu. On n’est plus un et indivisible, nous sommes seuls parmi les autres.

Faut dire qu’on n’a pas pris soin de notre République et même certains ont pris plaisir à l’abimer confondant privilèges privés et intérêts collectifs. Depuis des décennies, le mot « argent » est le seul leitmotiv avec cette notion que là est la seule réussite. Le service public est devenu une insulte, un ramassis de fainéants qui nous coûte cher et qu’il faut réduire à tous prix. On vient de voir le désastre en tant de crise. Une école de la République moribonde, un hôpital à l’agonie, une justice qui ne peut remplir son rôle et qu’on accuse de tous les maux. Seuls les services répressifs ont été protégés et l’on se demande bien pourquoi.

Une République sans un service public ne peut pas assurer son rôle et se trouve condamnée au déclin voire à sa perte si le populisme finit par triompher.

Seules pour l’instant, les collectivités locales tentent de redonner du sens et de la cohérence dans toute cette pagaille où personne ne comprend plus rien et ne croit plus en rien. Maires, Communautés de communes, Conseil départemental, Région ont pris le pouvoir par principe de substitutions et de carences mais se heurtent à des problèmes de compétences suite à une décentralisation qui n’est pas allée à son terme. Comme disait Lavoisier la nature a horreur du vide, alors ils ont poussé la porte. Nos différentes élites y compris scientifiques maintenant, nos élus nationaux se sont décrédibilisés et il sera très long de réparer cela.

Il est urgent de changer le logiciel si on ne veut pas courir à la catastrophe. A nos élus de faire ce qu’il est nécessaire car si c’est le peuple qui prend seul les choses en main cela porte un autre nom et cela ne pourra être qu’un dernier recours. Nous n’avons pas ou plus dans nos tiroirs un homme providentiel qui pourrait être ce catalyseur républicain, il faut donc trouver une autre méthode. A 40 ans, un président de la République, aussi brillant fût-il, ne porte pas l’image d’ un père de la Nation, il n’en est que le fils ou le petit fils que certains trouveront dignes ou indignes selon ses convictions.

Alors oui à la République et à ses valeurs aujourd’hui attaquées de l’intérieur comme de l’extérieur, oui au siècle des Lumières, oui à cette concorde universelle retrouvée, mais comment ne pas la perdre, comment y revenir ? Les élections aux États Unis nous montrent s’il en était besoin, le danger de la dérive du pouvoir et le clivage d’une société basée sur le communautarisme.