François Arcangeli, Président de la Communauté de  Communes Cagire Garonne Salat

 Durant ces deux mois à la Communauté de  Communes

Il y a une cellule de crise tous les matins, sept jours sur sept. Nous sommes depuis le début de la crise restés mobilisés, en relation constante avec la Région, le Département ainsi qu’avec les services de l’État et la Sous-Préfecture. Le souci au début était d’assurer la continuité des services malgré l’absence de moyens de protection, en particulier pour le SAAD (Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile) et le SSIAD (Service Soins Infirmiers à Domicile). Idem pour le service des ordures ménagères et l’accueil des enfants des soignants. Nous avons ensuite progressivement travaillé à la reprise des autres services et, dès le début du mois d’avril, à notre volonté avec les communes de doter la population de masques textiles lavables qui sont en train d’êtres distribués. Nous accompagnons aussi les entreprises dans cette crise et nous travaillons à la reprise de l’activité touristique. Nous pouvons remercier tous nos agents pour leur dévouement et leur professionnalisme !

 La reprise des écoles

Elle expose les communes à une vraie difficulté d’organisation avec le protocole sanitaire qui a été envoyé par les services de l’État. Ça dépend probablement de la configuration des écoles, et surtout des moyens dont elles disposent. La responsabilité des élus pourra être engagée s’il n’est pas parfaitement respecté. Mais au delà de cette responsabilité, se pose la question du risque que nous sommes susceptibles de faire courir aux enfants, au personnel et aux enseignants.

Une commune sur le temps scolaire n’a pas, ou très peu, de personnel. Il faut par exemple nettoyer les sanitaires régulièrement. C’est impossible sans moyens nouveaux.

Est-ce qu’avec les conditions mises en place les enfants vont pouvoir réellement travailler ? On remarque que le corps enseignant est divisé. Comment imaginer l’accueil de jeunes enfants par des adultes masqués, et qu’il ne leur soit pas permis de jouer ensemble, de se toucher ? Cela semble compliqué.

 C’est la réouverture des déchèteries, les écoles, les crèches, les centres de loisirs.

Pour l’instant les crèches n’ouvrent pas, car nous n’avons reçu le protocole propres aux crèches que ces derniers jours et nous sommes en train d’étudier sa mise en application. Lorsque ce sera possible, nous allons assurer les Accueils de Loisirs Associés à l’École (ALAE), mais pour les mercredis pour l’instant cela restera fermé sachant que le principe du protocole, c’est de ne pas mélanger les enfants. Ça ne sert à rien de les maintenir classe par classe toute la semaine si c’est pour les remettre tous ensemble le mercredi. Les centres de loisirs pour les vacances demeurent une question. Cet été, ce sera peut-être possible de remettre en place un dispositif. Concernant le tourisme, nous restons pour l’instant en attente des instructions et de ce qu’il sera possible d’organiser.

Perceptions de la gestion de crise vue du territoire

Il y a eu de toute évidence un problème de communication et de gestion de la crise au plus haut sommet de l’État avec une profusion d’annonces souvent contradictoires. Par exemple, en mars, on a fermé les écoles et maintenu les élections, et maintenant on rouvre les écoles et l’on reporte les élections…

 Est-ce une question structurelle liée à la culture politique du centralisme jacobin ou la question de choix politiques ?

Je ne sais pas. En terme d’inertie et de méconnaissance du terrain certainement. Force est de constater que la question des tests et des masques est un choix politique. D’autres pays en ont fait d’autres. L’avenir nous enseignera avec le recul si le dispositif français a été performant. À ce stade, on peut penser que non. Notamment que c’est dans les pays où il y a eu le plus de tests que la mortalité semble être la plus faible.