L’Isle-en-Dodon : Connaître et comprendre les chiens de Montagne des Pyrénées, avec Mathieu Mauriès

Depuis 25 ans, Mathieur Mauriès, spécialiste des chiens de protection de troupeau, élève des chiens Montagne des Pyrénées pour le travail.
Depuis 25 ans, Mathieur Mauriès, spécialiste des chiens de protection de troupeau, élève des chiens Montagne des Pyrénées pour le travail.

La conférence de Mathieu Mauriès sur les patous, chiens de Montagne des Pyrénées, a réuni près d’une trentaine d’auditeurs à la mairie de l’Isle en Dodon jeudi 2 juillet. Ancien enseignant chercheur, ingénieur en agriculture et docteur en zootechnie (étude des animaux domestiques), il a décidé il y a 25 ans, de tourner la page et de s’installer berger éleveur d’abord dans les Alpes puis à l’Isle-en-Dodon. Entouré de nature et d’animaux il vit au Hogan des Vents, ferme agroécologique où il défend une vision humaniste de l’élevage respectueux des bêtes, des hommes et de la terre. Il élève des chiens de protection, dont le Montagne des Pyrénées, ou Patou de son nom vernaculaire. L’histoire de sa passion pour cette race remonte à un incident au tout début de son aventure pastorale, quand les chiens de son voisin attaquèrent ses bêtes. Comment retrouver la sérénité et protéger son troupeau ? C’est à ce moment qu’il s’est tourné vers ces chiens magnifiques et débonnaires, à la houppelande blanche, qui depuis des millénaires assurent la tranquillité des bergers.

Une histoire millénaire

Dans sa conférence jeudi 2 juillet à l’Isle-en-Dodon, il a détaillé l’histoire de ces amis de l’homme, dont l’origine remonte à la nuit des temps en Asie Centrale, sélectionnés pour protéger le bétail des peuples nomades, et qui se sont propagés jusqu’en Europe occidentale au rythme des migrations, des exodes. Ils ont donné des grands chiens à fourrure le plus souvent de couleur claire, qui ont essaimé et se sont spécialisés dans différentes régions. On compte une cinquantaine de races par le monde, dont le berger de Maremme et des Abruzzes italiennes, berger d’Anatolie, de Yougoslavie, mâtin espagnol, komondor et kuvazs hongrois, …

Une méthode d’élevage exemplaire

Or dans les Pyrénées, le Patou n’était plus utilisé depuis des décennies. Mathieu a donc recherché des chiens dont l’atavisme était encore fort, afin de sélectionner les plus aptes à leur mission première et les remettre au travail. En expert, il a fondé une méthode d’élevage où le contact avec l’homme est primordial dès les premiers jours de la vie du chiot, imprégnation indispensable à son comportement futur. Ils naissent dans la paille de la bergerie, au contact du bétail. Les patous travaillent en meute, les adultes éduquent les petits et savent d’instinct ce qu’il faut faire pour protéger le troupeau des prédateurs. Ce sont des chiens qui aiment l’homme et les êtres vivants. Une éducation bienveillante les empêchera de courser volailles, chats et autres, pour une cohabitation parfaite. Mathieu Mauriès, avec affection et douceur, guide ses chiens pour en faire des auxiliaires de travail efficaces, ayant un lien fort avec le berger, les bêtes et la famille. Il assure un suivi à vie de ses chiens chez leurs propriétaires.

Randonneurs et patous, connaître les bons comportements

En montagne les randonneurs peuvent être effrayés par ces grands chiens qui aboient pour les éloigner de leur territoire. Mathieu Mauriès indique qu’il ne faut pas fuir, courir, lancer des pierres, hurler, menacer d’un bâton, mais au contraire rester immobile, ôter chapeaux et casquette, ne pas les fixer et baisser les yeux, parler doucement. Cela suffit à leur faire comprendre qu’il n’y a pas de danger pour le troupeau. Cette causerie très instructive qui s’est prolongée par un intéressant échange avec le public.

Mathieu Mauriès livre sa longue expérience d’éleveur de chiens de protection dans un ouvrage intitulé Le Montagne des Pyrénées, aux éditions Avenir.

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