En France, nous semblons parfois nous habituer à l’idée d’une arrivée inéluctable du Rassemblement national au pouvoir. Comme si le rouleau compresseur était déjà lancé, comme si rien ni personne ne pouvait désormais l’arrêter. Les autres partis politiques jouent la deuxième place.
Pourtant, l’histoire n’est jamais écrite d’avance. Les peuples nous le rappellent : ils peuvent se mobiliser, déjouer les pronostics et refuser la résignation. Des mouvements citoyens et démocratiques, dans différents pays, montrent que l’espoir peut renaître lorsque l’on décide de défendre collectivement ses valeurs et ses droits.
Contre les pronostics, au Brésil, Lula a été réélu et son adversaire a quitté le pays. En Serbie, une liste portée par des étudiants a remporté les élections et mis fin à quatorze années de domination politique quelque peu autocratique. En Hongrie, Viktor Orbán a été battu : une victoire qui ouvre la voie à un renouveau démocratique et européen. Aux États-Unis, les démocrates ont remporté une large victoire, infligeant un sérieux revers à un pouvoir de plus en plus autoritaire.
Mais l’espoir ne suffit pas. Il nous appartient de le faire vivre, ici et maintenant, par notre engagement et par la qualité de notre débat public. Se battre pour la démocratie, c’est aussi se battre pour la fraternité et avec la fraternité comme seule arme : renouer avec une démocratie apaisée, où l’on peut se parler sans violence, confronter les idées sans se déchirer et reconnaître, même dans le désaccord, l’égale dignité de chacune et de chacun.
C’est faire vivre pleinement notre triptyque républicain : Liberté, Égalité, Fraternité auquel nous rajoutons la garantie qu’est la laïcité. La liberté de penser, de s’exprimer et de choisir son avenir. L’égalité réelle des droits et des chances, qui ne doit pas rester une promesse abstraite. Et la fraternité, qui nous rappelle que nous sommes responsables les uns des autres.
Défendre ces valeurs, c’est donner à chacune et chacun l’espoir d’un avenir commun. C’est refuser que des femmes, des hommes, des jeunes ou des familles soient laissés sur le bord de la route. C’est répondre aux inquiétudes et aux colères autrement que par la division ou la violence : par l’écoute, la solidarité et des solutions concrètes. C’est refuser toute forme de racisme car on doit juger les humains sur leurs actes et non pas sur leur couleur de peau ou leur ethnie ou orientation sexuelle. Ne laissons pas ce poison pénétrait nos esprits.
Non, l’arrivée du Rassemblement national au pouvoir n’est pas écrite. Rien n’est joué. La résignation n’est pas une fatalité. Les citoyens de France doivent faire vivre une autre perspective : celle d’une société plus juste, plus fraternelle et plus démocratique. Nos politiques nationaux doivent changer de logiciel pour être entendu, retrouver de la crédibilité et sortir de cette médiocrité qui font fuir les électeurs. Après les débats, lors de l’ultime soir, ce sont les bulletins de vote qui trancheront et chacun devra reconnaître la ou le vainqueur. Après il sera trop tard pour avoir des regrets….
La réponse, dans six mois.




