Après des décennies de lutte, de péripéties et de rebondissements, la sauvegarde du château de Saint-Blancard semble en bonne voie de résolution. Un dossier solide de rachat par la commune est en cours et l’échéance ultime interviendra le 28 septembre, terme d’un arrêté préfectoral d’expropriation.
Le contexte
Erigée aux alentours de 1300, la forteresse a protégé la région puis évolué au cours des siècles, traversant vaillamment le Moyen-âge, la Renaissance et les époques modernes. Remanié, agrandie par les seigneurs locaux, le château servi de refuge aux trésors du Louvre pendant la Seconde Guerre Mondiale, puis d’hôpital, avant d’être racheté par Mr Harding, l’actuel propriétaire anglais. Actuellement le château de 4000 m2 et ses 1600 m2 de communs, s’adosse à un parc remarquable de 40 hectares.
Depuis 20 ans l’association Développement du village et du château de Saint-Blancard se bat pour alerter sur l’état d’abandon et de délabrement de cet édifice historique. « Il était urgent de le sauver de la ruine, martèle Christine Huppert maire de Cap d’Astarac Saint-Blancard, pour sauver ce patrimoine local historique unique, qui donne au territoire son cachet et son identité. »
Sauver le château, une priorité
En 2021 l’orangeraie s’effondre. Christine Huppert nouvelle maire de la commune, soutenue par les habitants, les élus, les associations, lance alors une première réunion avec les acteurs du territoire et notamment la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) pour diligenter une étude sur l’état des lieux et les travaux qu’il y aurait à faire dans le château. Dans le même temps, la Préfecture du Gers finance une étude de destination du château, indispensable avant la modification potentielle de son destin.
Les dégâts s’accumulent, le toit de la tour s’écroule, des pierres se détachent, le danger est tel que les manifestations festives qui se tenaient dans le parc autour du château doivent être interdites. Une première solution de rachat est proposée en 2024 au propriétaire par la Communauté Val de Gers, avec l’Etablissement Public Foncier, mais elle n’aboutit pas.
Un solide dossier de rachat par la commune
Une fois installée la commune nouvelle Cap d’Astarac -qui compte 4 villages dont Saint Blancard-, Christine Huppert, via l’association des Maires de France, diligente en mai 2025 une procédure d’état d’abandon manifeste. Cette procédure engage l’expropriation si des travaux de remise en état ne sont pas réalisés par le propriétaire dans un délai imparti, selon un plan daté et chiffré. La Préfecture, au vu du solide et très complet dossier de rachat fourni par la commune, a signé un arrêté d’état d’abandon définitif, transmis au propriétaire le 28 juillet. Ultime échéance pour le propriétaire, lundi 28 septembre. A ce moment, si rien n’a été fait, la commune rachètera le château pour 300 000 €, financés à moitié par les subventions publiques.
La dernière chance
Cette procédure est la dernière possibilité pour sauver le château. Le dénouement très attendu, avec une tension intense jusqu’au 28 septembre, où l’épée de Damoclès toujours suspendue tombera définitivement, ou disparaitra, ouvrant un nouvel avenir pour ce merveilleux château classé aux Monuments Historiques, qui participe au premier chef à l’attractivité du territoire.







