Saint Gaudens: Le Circuit automobile du Comminges raconté aux visiteurs par Michel Ribet

Ce samedi 20 mai, le musée du Circuit automobile du Comminges a reçu deux associations de véhicules anciens, dans la matinée l’Alfa Turismo de Montpellier en provenance de l’Hérault et sur la route de Pau, dans l’après-midi le club Peugeot Sport de Toulouse en virée dans le piémont pyrénéen.

Les sociétaires héraultais et toulousains ont  visité le Musée du Circuit du Comminges, accueillis par le président Michel Ribet et par les animateurs bénévoles de l’établissement.

Les sociétaires d’Alfa Turismo pendant l’intervention de Michel Ribet.

Michel Ribet a présenté un très rapide historique sur la genèse du musée ouvert le 17 avril 2017 après dix années de recherches et de travail.  Puis, il a esquissé un panorama des très riches heures du Circuit du Comminges qui a tenu une éminente place au début du XXème siècle dans le développement du sport automobile, à l’initiative et sous l’impulsion du professeur de philosophie saint gaudinois Eugène Azemar décédé en 1940.

Un circuit dans l’histoire balbutiante du sport automobile pour contribuer à sa légende

Eugène Azemar (qui ne possédait pas le permis de conduire créé en 1921) avait fondé en 1922 le syndicat d’initiative de Saint Gaudens et lancé la même année, dans une France qui ne comptait que quelques 500 000 automobiles, le premier Rallye des stations thermales, une épreuve à laquelle participèrent alors une quarantaine de voiturettes et motos sur une boucle de 200 km au départ de Saint Gaudens. C’était l’ébauche, il y a un siècle, d’une authentique épopée inscrite dans l’histoire du Circuit du Comminges, débutée en 1925 (deux ans seulement après le début des 24h du Mans) sur un circuit routier de 27,664 km, réduit à 11 km en 1933, puis à 4,4 km en 1952. Il permettait dès lors au public une visibilité quasi-totale sur l’ensemble d’un parcours aux 78 passages.

Le terrible accident survenu aux 24h du Mans en 1955 (85 morts, 250 blessés) sonna le glas du Circuit du Comminges qui ne pouvait supporter le coût de normes de sécurité dès lors exigées pour la tenue des courses de F1.

Des marques, des automobiles et des champions mythiques en Comminges pendant trois décennies

Entre temps, les plus grandes écuries, Alfa Roméo (5 victoires), Bugatti (5 victoires), Ferrari en 1952 (podium avec André Simon vainqueur suivi d’Alberto Ascari et Nino Giuseppe Farina), Maserati (1 victoire), Talbot (2 victoires), s’étaient affrontées pendant 18 ans, entre 1925 et 1954 sur le Circuit du Comminges, en mettant aux prises les meilleurs pilotes de l’époque, Alberto Ascari, Jean Behra, René Dreyfus, Philippe Etancelin, William Grover, Jemmison Heaton, Charles Pozzi, Maurice Trintignant, Jean-Pierre Vimille, et tant d’autres qui constituaient le gotha du sport automobile.

Que dire, alors qu’il y aurait tant à raconter… Autant assister aux conférences de Michel Ribet qui connaît mille et une histoires, comme celles de René Dreyfus qui fut victime d’un accident terrible sur le Circuit du Comminges en1932, alors qu’il était en tête de la course. Ce même René Dreyfus qui fit une rencontre sinistre lors du grand Prix d’Allemagne au Nurburgring où, refusant de serrer la main à Adolf Hitler, celui-ci le gratifia d’un salut nazi avec des étincelles de haine dans les yeux…

Un musée pour cultiver la mémoire, maintenir le souvenir et raconter l’histoire

Les coureurs automobiles et motocyclistes de ces temps là étaient des hommes de caractère tout autant que des champions mythiques. Ils prenaient des risques en compétition sans la protection des normes draconiennes de sécurité modernes: «nous étions les gladiateurs des temps modernes» avait déclaré l’un d’eux parfaitement conscient des dangers encourus, mais dont l’histoire n’a pas retenu le nom. Ils attiraient quelques 80 000 spectateurs autour du circuit commingeois, et ils firent connaître le Comminges dans le monde entier.

Le Musée du Circuit du Comminges cultive la mémoire, maintient le souvenir et raconte l’histoire de ces écuries et de ces voitures, de ces hommes et de ces champions qui illuminèrent toute une époque, dans ce piémont des Pyrénées centrales qui longe la Garonne.

Musée du Circuit du Comminges, rue des Chanteurs du Comminges à Saint Gaudens. Ouvert toute l’année les jeudis et samedis de 10h à 12h et de 14h à 18h. Tarif adulte 5€, tarif enfant 12-17 ans 2€, tarif – de 12 ans gratuit. Visite groupe/ conférence 12€/pers (sur réservation).

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