Depuis la route qui mène à Aurignac, on peut les apercevoir, à demi cachés par les frondaisons au flanc du coteau où se niche l’abri préhistorique : une vingtaine d’archéologues s’affairent sur le site quadrillé, et déblaient les couches de sédiments méthodiquement. Mathieu Lejay et Lars Anderson, du laboratoire Traces, émanation du CNRS et rattaché à l’Université Toulouse-Jean Jaurès, dirigent le programme de fouilles entamé en 2019. Après un an d’interruption, les investigations près de l’abri préhistorique ont repris le 26 août et dureront jusqu’au 26 septembre.

« Notre travail permettra de mieux cerner, précise Mathieu Lejay, de mieux comprendre ce qu’est cet ensemble de concepts techniques, comportementaux, sociaux, culturels, qu’on appelle l’Aurignacien. Le paradoxe ici, bien que le site ait donné son nom à ce segment de l’histoire de l’humanité, c’est qu’il est assez mal connu, les travaux sur le produit des fouilles d’Edouard Lartet remontant aux alentours de 1850. Ce programme amorcé en 2019 durera tant qu’il y aura des choses à faire – et il y en a ! Nous sommes soutenus financièrement par le Ministère de la Culture, via le Service régional de l’Archéologie de l’Occitanie ; la Région Occitanie, qui comporte une cellule Culture et Patrimoine ; le Conseil départemental 31, à travers le Musée d’Aurignac qui en dépend. »

L’histoire débute en 2018, par une étude sur le terrain qui confirme l’utilité d’une reprise de fouilles. L’année suivante, tout est prêt et Mathieu et Lars commence une première campagne  sur le site où Louis Méroc (grottes de Montmaurin) a travaillé au début du XXème siècle. Les deux archéologues commencent le déblaiement, secondés par leur équipe d’étudiants en histoire de l’art et archéologie venus de différentes universités à Paris, Bordeaux, Toulouse, Rennes. Mais la pandémie en 2020 les interrompt. « On en a profité pour faire des sondages et des prospections le long de la crête de Fajolles, petite barre rocheuse qui va de l’abri au village. Très intéressant sur le plan morpho géologique ! Et en ce moment, le travail de fouilles proprement est en cours près de l’abri pour la 3ème campagne. »

Au fur et à mesure que les sédiments déblayés, tamisés, sont stockés dans de grands sacs, et que les archéologues descendent vers les couches les plus anciennes, de petits fossiles apparaissent. Ils sont lavés, triés, répertoriés dans le laboratoire de terrain installé à Cassagnabère, dans le gîte où logent les archéologues. Avec une minutie passionnée, consciencieuse et opiniâtre, les scientifiques continuent de chercher. Les potentialités sont immenses. Car, dans ce champ des possibles fascinant, le site d’Aurignac, dont le nom est connu dans le monde entier, n’a pas encore révélé tous ses secrets.

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