Cinéma, Mathieu Almaric étreint le Comminges : « Serre-moi fort »

Pour adapter au cinéma une histoire initialement écrite pour le théâtre en 2003 par Claudine Galea et qui l’a ému aux larmes dès sa première lecture, Mathieu Almaric a choisi le Comminges pour y planter de nombreux décors de son dernier film. Si l’œuvre achevée, « Serre-moi fort », sortira sur les écrans le 8 septembre prochain, le réalisateur a tenu à présenter son film dès vendredi, en avant-première, au cinéma le Régent de Saint-Gaudens. L’établissement a pour l’occasion rempli simultanément ses deux plus grandes salles. Mathieu Almaric, visiblement ravi de son énième passage en Comminges, s’est offert à son public pendant plusieurs heures et a fait honneur à tous ses amis locaux qui l’ont accompagné dans son entreprise et pour qui il témoigne aujourd’hui beaucoup de sympathie et autant d’attachements.

En préambule à la diffusion du film, Mathieu a expliqué en conférence de presse les liens étroits et l’implication du Comminges dans la réalisation de son histoire, pour laquelle, confie-t-il, « la proximité des montagnes, même si elle n’est pas mentionnée dans le texte initial, paraissait une évidence ». C’est surtout la découverte d’une maison, longtemps cherchée, finalement trouvée à Ganties, qui a retenu son attention et servi de foyer au scénario rapporté. « Il fallait un nid à ce couple qui s’aimait, à cette famille unie, un cadre d’amour pour la tragédie qui s’en suit fasse encore plus mal. Nous l’avons trouvé chez Jean-Marc et Georgia. C’est une étonnante maison, avec ses balcons, sa circulation d’escaliers, où l’on peut passer d’une pièce à l’autre sans changer de plan. Je suis tombé amoureux de cette maison et de ses habitants. ». Si le film a été tourné en trois fois à Ganties, pour rendre compte du jeu des saisons, printemps, automne, hiver, l’auteur s’est attaché également à mettre en évidence de nombreux plans sur la ville de Saint-Gaudens, des prises de vue tournées vers les montagnes et vers son usine. Plusieurs scènes ont été tournées sur ses boulevards ou à l’hôtel de l’Esplanade, d’autres à Pointis-Inard devant le bar de « la Promenade » et jusque sur les hauteurs de Baqueira, en Espagne, lieu de l’accident, du drame. « Nous avions envie de filmer partout, lâche le réalisateur. Il y a plein de choses à filmer ici dans cette ville. Mais on a été aussi obligés de faire avec le temps et l’argent que l’on a. Nous avons également tourné à la Rochelle. Le film n’est certainement pas un dépliant touristique. On est dans la tête d’une femme qui part, qui imagine des choses. On a commencé par filmer pendant trois jours dans la maison. La montagne est verte au printemps. Puis en novembre, avec les couleurs de l’automne, tout est trop beau. Fin janvier, nous sommes revenus. A Baqueira, il a fallu un miracle pour que la neige finisse enfin par tomber au moment opportun. J’avais demandé aux frères Larrieu de prier pour moi pour cela… Eux, ils ont toujours beaucoup de bol pour bénéficier de bonnes conditions météorologiques. »

« Cinq acteurs principaux composent le film. Pour compléter nous avons sollicité de nombreuses personnes, les gens d’ici, pour jouer les petits rôles. Par exemple, Jean-Marc, le propriétaire de la maison, s’est retrouvé gendarme. On a mis tout le monde dans la m…. . Les habitants de Ganties ont beaucoup participé. Les enfants avaient besoin de jouer du piano, pas seulement pour le tournage, mais aussi dans leur quotidien. Au départ, j’avais Vicky (Vicky Krieps). Il a fallu ensuite que je lui trouve un homme. Arieh (Arieh Worthalter) s’est imposé. Deux acteurs avec le même rapport à la nature. « Serre-moi fort », c’est surtout un film de sensations. Les mots n’y sont pas les plus importants. Vicky a su rapporter beaucoup d’émotions, même sans parler. La musique joue aussi un rôle important, le piano joué dans le scénario, la bande originale rapportée, un mélodrame sans violon, de la « Lettre à Elise » aux variations de « la Gavotte » de Rameau, de Debussy à Schoenberg, de Rachmaninov à Ligeti… »

« J’aime bien te regarder les yeux fermés, dit-elle à l’homme qu’elle aime. Je te sens respirer, tu me manques. » Et pourtant, Clarisse quitte sa famille. « Cela semble être l’histoire d’une femme qui s’en va… ». Le film, on ne va sûrement pas le raconter ici. Quiconque gagnerait à aller le voir. L’œuvre émeut, du grand art. « Serre-moi fort » en ces temps de covid, ce sont les sensations que l’on aime et que tout amoureux du cinéma recherche. Merci Monsieur Almaric.

Merci également au cinéma « Le Régent ». On ne se rend pas toujours compte de la chance que l’on a, Commingeois et pièces rapportées, en ces terres reculées, de pouvoir bénéficier d’un tel établissement de culture où les gérants, passionnés, sont tout à leur aise de présenter les plus belles affiches et d’organiser de tels rendez-vous. Le septième art y est maîtrisé.

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