La cyclosportive à étapes «La Campilaro» avait débuté le vendredi 23 juillet par un prologue de 6 km dont 2 km à plus de 10%, avec des passages à 14%. Elle s’est terminée le dimanche 25 juillet à Peyragudes, sur l’Altiport 007, avec une arrivée finale de 1,5 km à plus de 10% suivis de spectaculaires 300 derniers mètres à plus de15%. Durant ces 3 jours, les participants ont franchi huit cols et gravi plus de 9000m de dénivelé positif.

Ils étaient 215 au départ, 178 à l’arrivée, dont 12 féminines (elles étaient 13 au départ). Les aléas météorologiques, grande chaleur et vent fort le premier jour, puis bruine, brouillard et refroidissement important le deuxième jour, ont grandement durci les conditions de ce parcours pyrénéen aux pentes quelquefois terrifiantes.

Plus qu’une compétition sportive

Les cyclistes amateurs qui se lancent  de pareils défis sont tous de grands sportifs, et même plus que cela. Leur mérite s’apprécie à l’aune des qualités humaines requises, cultivées, et même exacerbées jusqu’au dépassement de ce que l’on pourrait croire raisonnable…

Gilles Espouy, le commingeois du Team Peyragudes, au paroxysme de l’effort dans la terrible montée finale sur l’Altiport 007.

En cours d’étapes, le peloton explosait en une multitude de jusqu’au-boutistes anonymes éparpillés sur plusieurs kilomètres, souvent seuls, avec l’obsession unanimement partagée d’atteindre et franchir la ligne d’arrivée. Ils se sont tous confrontés à leurs limites physiques ou mentales du jour. Ils les ont repoussées en cultivant le plaisir de l’effort conjugué jusqu’à la souffrance dans les intempéries et les pentes à escalader, en quête du meilleur d’eux-mêmes.

Cette exigence, une (quasi) ascèse nourrie de passion sportive, façonne une belle jeunesse que tous ne peuvent s’empêcher de vouloir prolonger. A juste raison, quand on observe le bonheur exprimé par tous ceux qui arrivent à surmonter toutes les épreuves au cœur de leur défi personnel. Le classement à l’arrivée pourrait être dérisoire au regard de la somme et de l’ampleur des  accomplissements individuels concrétisés. Il en authentifie néanmoins la réalité, et peu importe la place occupée. D’autant que ce classement oublie cruellement ceux qui ont abandonné mais qui sont bel et bien, eux aussi, allés au bout d’eux-mêmes, avec la volonté de recommencer à la première occasion!

Après avoir été stoppée par le mal de dos, dans la fournaise du col de Portet et sous les assauts du vent, l’albigeoise Yannick Obeniche est repartie le lendemain sous la pluie et dans le froid pour escalader la Hourquette d’Ancizan, le Tourmalet et faire la montée vers la station de Luz Ardiden où la photo la surprend à mi-pente!

L’expression d’une humanité intemporelle

Tous ces forcenés du vélo pédalent en ce début de XXIème siècle dans l’esprit des forçats de la route qui leur ont ouvert la voie au début du XXème, en explorant des terres encore inconnues, à l’image de tous ceux qui ont franchi pour la première fois Le Tourmalet dans le sillage d’Octave Lapize en 1910. Ils expriment la même humanité, intemporelle. Ils appartiennent au même peloton, celui de tous ceux qui fortifient dans l’intimité de leur cœur une légende qui leur est personnelle.

L’auscitain Jérôme Pérusin retrouve sa famille de Villeneuve de Rivière, après l’arrivée sur l’Altiport 007.

Le manosquin Sébastien Claverie-Forgues, entouré par sa famille venue, comme lui, des Alpes de Haute Provence.

Il faut donc remercier et rendre grâce à ceux qui assurent la pérennité de cette épopée: les organisateurs de La Campilaro, Fabrice Gouze, Cynthia Medico, les 35 bénévoles qui se sont investis à leurs cotés, les prestataires (les motards, la sécurité civile,…), les sponsors privés, les soutiens institutionnels (La Région Occitanie, les conseils départementaux de la Haute Garonne et des Hautes Pyrénées), les villes hôtes (Luchon, Saint Lary Soulan, Argelès-Gazost), les stations de ski de Peyragudes et Luz Ardiden.

Classement final et temps de la Campilaro

Campilaro classement général final

Les organisateurs, suiveurs et observateurs de l’épreuve ont attribué le “coup de cœur” de La Campilaro à l’italienne Maria Zecca. Une participante et un trophée qui symbolisent l’esprit de ces trois journées.

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Grand soleil et bourrasques de vent sur la Campilaro

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Les admirables cyclistes de “La Campilaro”