Le projet Florian, c’est une méga scierie industrielle. Ce projet est porté par Bernard Plano, maire de Lannemezan et président de la communauté de communes du plateau de Lannemezan.

 Plusieurs manifestations ont déjà été organisées contre ce projet à onze millions d’euros, dont celle de Lannemezan le 10 octobre dernier (https://www.petiterepublique.com/2020/10/12/lannemezan-comminges-touche-pas-a-ma-foret-forte-mobilisation-contre-le-projet-florian/).

Jeudi 22 avril, des élus communistes de Haute-Garonne et des Hautes Pyrénées tenaient une conférence de presse sur le sujet. Y participaient, entre autres, Pierre Lacaze, chef de file des communistes en Occitanie – Hervé Charles, secrétaire départemental du PCF dans les Hautes Pyrénées – Corinne Marquerie, secrétaire de section PCF Comminges

Ils demandent un nouvel examen complet du dossier, et au-delà un travail de réflexion sur le modèle d’exploitation des ressources de la forêt. Ils se félicitent que sous l’impulsion du collectif de défense de la forêt TPMF (Touche pas à ma forêt), puis de la présidente de Région tout soit gelé et remis à plat.

Des motions votées dans les communes

  • Surdimensionnement de l’exploitation, mise à mal de la ressource naturelle.
  • Mise en danger du tissu économique local : quid de la ressource nécessaire aux entreprises locales ? Quid de la garantie des prix lorsque Florian aura le monopole sur la ressource ?
  • Investissements (dessertes, routes, etc.), à la charge des collectivités publiques, notamment des communes.
  • Augmentation considérable du trafic routier.
  • Pas de perspective d’augmentation d’approvisionnement en bois local car le groupe a déjà ses propres usines de transformation en Italie et en Hongrie.
  • Question problématique de l’emploi. Là où des études  disent que l’exploitation raisonnée de 1000m3 de bois local génère vingt et un emplois (source Cap Rural Auvergne), Florian en promet vingt-cinq pour 50 000m3 annuels.

Un développement de la filière bois, oui, mais…

« Nous voulons développer la filière bois et une industrie du bois dans le respect de la ressource et de l’économie locale avec des scieries qui correspondent à ces enjeux », confie Corinne Marquerie. « Nos élu·es devront investir ce champ pour engager un véritable travail de construction démocratique.

Nous souhaitons que l’étude de concertation pilotée par le préfet des Hautes-Pyrénées et le comité de massif soit un vrai moment de démocratie »

Les élu·es communistes n’ont pas peur de l’engagement citoyen. Au contraire, ils pensent que les acteurs du territoire, les associations, les professionnels, les syndicalistes, les usagers de la forêt, les citoyens d’ici sont intéressés et légitimes pour travailler à des projets alternatifs.

 Les interventions des participants à la conférence de presse

 Pierre Vertut, élu à Encausse les Thermes, “il y a nécessité à la bonne gestion des hêtraies, dans un cadre multifonctionnel. Cette gestion a plusieurs volets : une production ligneuse pour soutenir une économie du bois – Une protection contre les risques naturels (inondations, retenues des terrains et des avalanches), une fonction sociale (paysage, accueil) – une fonction environnementale avec un milieu de montagne riche (isard, tétra, rapace, etc.). La préservation des hêtraies est indispensable pour stabiliser le climat.”

Pascal Lachaud, maire adjoint à Capvern les Bains, « nous voulons être porteurs d’une nouvelle conception des usages du bois. Nous ne sommes pas pour une sacralisation de la forêt, mais il faut réévaluer les usages pour valoriser le potentiel des bois locaux. Travailler avec le CRITT mais aussi avec les prescripteurs, (architectes, AMO, métiers de la construction) pour porter une alternative au tout béton. »