La pluie n’a pas arrêté les opposants au projet de méga scierie Florian sur la commune de Lannemezan. Projet soutenu par le maire Bernard Plano.

Samedi 10 octobre, des manifestations étaient organisées à Aspet, Bagnères de Bigorre, Saint Girons et Oloron sainte Marie. En ce dimanche 11 octobre, tous s’étaient donnés rendez-vous dans la ville où ce projet est prévu. Manifestation bon enfant mais avec une forte détermination.

Entre 1000 et 1200 personnes présentes

Le rendez-vous était donné à 9h à Capvern, à l’appel du collectif « Touche pas à ma forêt ». Ce collectif pyrénéen est composé de professionnels de la forêt, de citoyens, d’organisations syndicales, de formations  politiques, qui ont tous à cœur de défendre les écosystèmes forestiers.  Une marche d’une heure trente environ menait les quelques 800 participants à Lannemezan. Ils rejoignaient les  autres manifestants qui les attendaient dans une zone industrielle, là où le projet de scierie est prévu. Beaucoup d’élus étaient là, ceints de leur écharpe tricolore.

Le projet

C’est un projet gigantesque de 11 millions d’euros, financé à 60% par de l’argent public. Le prélèvement envisagé serait de 400.000 à 540.000m3 de hêtres annuellement sur le massif des Pyrénées et le massif central, soit plus du triple de l’exploitation actuelle. Ces bois seraient majoritairement extraits des forêts publiques. Ce seraient quelques 10000 camions grumiers supplémentaires sur les routes des vallées.

Les réactions pour Petite République

Myriam Martin, conseillère régionale, LFI.  « Un projet démentiel pour lequel j’ai déposé une motion lors d’une assemblée plénière. Madame Delga ne semble pas prendre la mesure de ce que représente ce type de projet. Et même si aujourd’hui on le sous-dimensionnait, il ne serait pas acceptable de le mener jusqu’au bout. Il faut un projet alternatif qui permette de maintenir les activités tout en préservant la biodiversité. On  ne peut plus continuer comme avant, on est dans le monde d’après.»

Michel Larive, député LFI de la 2e circonscription de l’Ariège. « Je suis là pour lutter contre ce méga projet qui serait installé avec des fonds publics, ce qui est grave. On va aider cette multinationale qui va concurrencer les petites structures déjà en place. Il faut également arrêter de démanteler la forêt. »

Manuel Bompard, député européen LFI. « Un projet totalement disproportionné. Je suis attaché à la biodiversité. Nous avons besoin de garder nos poumons. »

Corinne Marquerie, conseillère municipale à Saint Gaudens et membre du PCF. « Je suis là avec mes amis car nous sommes dans le collectif depuis plusieurs mois afin que le projet Florian ne se réalise pas. Ce projet est porté par Bernard Plano, maire de Lannemezan et président de la communauté de communes du plateau de Lannemezan. Il n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les communes concernées par le prélèvement des bois sur leur territoire. C’est un projet trop important de l’avis même des forestiers. Nous demandons à la Région qu’elle aille plus loin qu’un moratoire, en réalisant une réelle concertation. Certes il y a vingt-cinq emplois directs et une centaine indirects en bûcheronnage et débardage. Il faut savoir qu’actuellement ces métiers sont occupés par des personnes qui viennent d’Afrique du Nord. Il faut savoir que la filière bois existante, c’est 800 emplois qui risquent d’être mis à mal. Nous ne sommes pas contre le développement de l’emploi et de l’activité économique. Il faudrait par exemple développer ici sur place, la transformation des bois pour l’ameublement, l’aménagement intérieur, etc. »