La Loi Molac, protection des langues patrimoniales : https://www.youtube.com/watch?v=8-zYznbKbJ8

Le 8 avril 2021, l’Assemblée nationale a définitivement adopté (sans modification) la proposition de loi par 247 voix pour, 76 voix contre et 19 absentions. Le texte avait été déposé le 30 décembre 2019 par le député Paul Molac et plusieurs de ses collègues. Il avait été adopté en première lecture, avec modifications, par l’Assemblée nationale le 13 février 2020, puis par le Sénat le 10 décembre 2020.

Edito de sur Mariane Publié le 15/04/2021, extrait : “Ce qui fragilise la langue française, ce ne sont pas les langues qui portent l’histoire de ce pays mais la déferlante effroyable de l’uniformisation culturelle induite par la globalisation.”

Mathieu Bares, enseignant d’Occitan à Luchon :

Cette loi est un vrai signe d’espoir pour toutes les langues régionales. C’est enfin une reconnaissance officielle de la part de l’Etat. Cette loi va permettre la mise en valeur de la langue dans plusieurs domaines : le patrimoine, le domaine public et l’enseignement.

  • Les langues régionales, si longtemps dénigrées (caractérisées péjorativement de “patois”, de langage des bêtes,…), vont ainsi avoir une reconnaissance officielle comme “patrimoine linguistique”. Chez nous, par exemple, tant de noms de familles, de noms de maisons, de villages, de quartiers, etc. sont en occitan gascon. Oublier notre langue, signifierait oublier la signification de ces noms, et donc renier entièrement nos origines et l’histoire de notre territoire.
  • Ainsi, dans le domaine public, il sera plus facile de valoriser un affichage bilingue français-gascon pour garder la trace de notre identité.
  • Quant à l’enseignement, jusqu’à présent, il existait seulement les Calandretas (écoles associatives privées) qui pouvaient développer un enseignement immersif en langue d’oc (Ikastola au Pays-Basque, écoles Diwan en Bretagne,…). Dans les écoles publiques, ce n’était pas possible d’avoir mieux que des écoles bilingues (50% français, 50% occitan), comme nous avons à Luchon depuis maintenant 4 ans.  Grâce à la loi Molac, le système immersif sera désormais autorisé dans les établissements publics qui le souhaitent.

Un enseignement immersif signifie que jusqu’à l’âge de 5 ans, tous les enseignements sont dispensés dans la langue régionale, comme chez nos voisins aranais. A l’âge de 5 ans, on y intègre peu à peu le français, nos voisins aranais y intègrent l’espagnol. Puis dès l’âge de 7 ans, une troisième langue entre en jeu. Les scientifiques et chercheurs se sont aperçus que les enfants bénéficiant d’un tel enseignement avaient des facilités dans les langues, notamment en français, et de meilleurs résultats dans les matières scientifiques.”

C’est très bien d’avoir une loi qui officialise l’utilisation des langues régionales, mais le travail de fond reste le même. A chacun de prendre conscience des richesses de notre territoire, de vivre sa région avec ses mots, son histoire, sa culture,… Tout en étant citoyen du monde et citoyen français, à chacun de se reconnaitre dans sa région et d’être conscient ou inconscient de ce qu’il est.