Les habitants de Cier de Luchon,

ont toujours eu, sur leur commune un café et même deux pendant quelques années entre 1940 à 1980. Il faut dire que Cier de Luchon possédait un « quilher » où l’on jouait au jeu de quilles de neuf, tous les dimanches et les jours de fêtes. Les spécialistes vous diront que ce jeu était systématiquement attaché à un “café”, là se jouait la « chopine », le blanc ou rouge limé.

Depuis décembre dernier, le Bistrot de Pays « Le Courredou » est fermé, Jean et Dominique se sont retirés de la vie active et profitent de leurs petits-enfants et d’un repos mérité. Mais pour garder contact, et rendre service, ils gèrent toujours le dépôt de bouteilles de gaz …

“Bistro Amistat” : bistroamistat@gmail.com ou tél 0617340969

Sophie et Didier, sont arrivés de l’ile de la réunion, avec leurs 2 enfants, guidés par leur ami Charles Fernandez. Ils ont acquis la « maison Biloy », tout naturellement leur est venue l’envie d’ouvrir un café, le pas fût vite franchi, d’autant que la commune, envisageant cette éventualité, avait acquis la licence du précédent commerce. Voilà c’est fait, Didier, est derrière le comptoir, sur lequel il a gravé le titre « AMISTAT ».

Au pied du vieux clocher de l’Eglise de la Nativité et de son retable du XVIIème, la cour accueille le passant, venu admirer le point de vue imprenable qu’offre le « castet ». Serge Brunet dans sa balade contée du 3 août 2019, nous offrit ses connaissances en nous rappelant : « selon M. de Froidour, envoyé de Colbert pour l’inspection des forêts, le « Castéra » été démoli 80 ans auparavant, aux temps des huguenots. Le château comtal s’élevait autrefois à 693m d’altitude. »  

Cier de Luchon, revit autour de son bistro. Didier souhaite que « Amistat » soit un lieu de rencontres, d’échanges. D’ici quelques temps il proposera, tapas et assiettes garnies. Quelques idées de soirées à thèmes, mettant en avant l’histoire petite et grande de notre village, de notre région.  Il est vrai que cette belle et typique maison « Biloy » a abrité Léon Peyroulet Maire de Cier depuis les années après guerre jusqu’en 1961, le pont sur le torrent « Era Caverque » porte son nom, “le pont Léon”. Sur la façade de “Amistat” vous pourrez remarquer un bas-relief, incrusté, représentant une abeille et rappelle que Jean Peyroulet apiculteur, fils du précédent, a vécu là. Nous sommes dans des pierres qui ont une âme, Sophie et Didier l’on bien compris. Eux qui ont choisi cette vallée pour son authenticité et l’esprit reposant qui y règne, Sophie développe son activité d’Orthophoniste à Cierp-Gaud, à quelques kms de là.

Entendez les cloches de l’église de Cier, elles chantent :

Sona las campanas, Maria-Loís,
Sona mon esper, i a monde sus la plaça,
Sona, lo qui aima son país
S’a ganhat lo dret de l’espiar de fàcia

refrain de la chanson de Joan de Nadau sur Marie-Louis, sonneur de cloche de cette même église, dans les années 60/70. Dont voici les paroles :

SONA LAS CAMPANAS MARIA LOIS
Entau país abaish, e entà la montanha
E son vestit de nòvia a la purmèra nèu
E lo vent de l’abòr qui escoba la plana
La doçor de la tèrra, la colèra deu cèu
Sona las campanas, Maria-Loís,
Sona mon esper, i a monde sus la plaça,
Sona, lo qui aima son país
S’a ganhat lo dret de l’espiar de fàcia
A nuèit, lo Batiston que s’en torna tà casa
Enqüera un de passat, que n a lo còr content
Tau bruch de sos esclòps suu camin de la vita
Qui se’n van a plaser, permor d’aver lo temps
N’èi pas qu’ua cançon, n’èi pas qu’ua musica,
N’i a pro tà caminar, tà caminar tot dret

Entaus qui’s son lhevats, en ausir la flabuta,
Qui dànçan en espiar a mei luenh que los pès
Mon país que l’aví au còr com ua floreta,
Mès adara que l’èi tanben au hons deu cap,
Que saberèi tostemps on son mas amoretas,
N’èm pas enqüèra mòrts que vam semiar lo blat.

SONNE LES CLOCHES, MARIE-LOUIS
Pour le pays bas et pour la montagne
Et son habit de mariée à la première neige
Et le vent de l’automne qui balaye la plaine
La douceur de la terre, la colère du ciel.
Sonne les cloches Marie-Louis
Sonne mon espoir, il y a du monde sur la place,
Sonne, celui qui aime son pays
A le droit de le regarder en face.
Ce soir Baptiste rentre à la maison,
Encore un de passé, il en a le coeur content
Pour le bruit de ses sabots, sur le chemin de la vie
Qui s’en vont tout doucement parce qu’ils ont le temps.
Je n’ai qu’une chanson, je n’ai qu’une musique,
Il y en a assez pour cheminer, pour cheminer tout droit,

Pour ceux qui se sont levés, en écoutant la flûte
Qui dansent en regardant plus loin que le bout de leur pied.
Mon pays, je l’avais au cœur, comme une fleur,
Maintenant je l’ai au fond de la tête
Je saurai toujours où sont mes amours
On n’est pas encore morts, on va semer le blé