En lisant les diverses parutions de ce matin et l’édito de notre rédacteur en chef « Yannick ». Il écrit : «… Pour ceux qui peuvent, les français ont repris leur vie exactement comme avant, avec notre sport favori le chacun pour soi. » https://www.petiterepublique.com/2020/07/06/et-tout-ca-pour-rien-avant-pendant-et-apres-mais-dans-quel-ordre/

L’accent.

En effet, dans cette période trouble, à double titre « la crise sanitaire et économique », mais aussi la recrudescence de l’antisémitisme, du racisme, des témoignages de délations, pendant le confinement dû à la pandémie Covid-19.
S’ajoutent, les moqueries sur l’accent de notre nouveau Premier Ministre, Jean Castex. Un nom bien de chez nous . Comme le dit, Michel Feltin-Palas, spécialiste des langues régionales, rédacteur en chef à L’Express et coauteur avec Jean-Michel Apathie d’un livre intitulé « J’ai un accent, et alors ? »
J’estime que c’est un mépris de la capitale envers la province qui est à l’origine de ces moqueries, mais également un mépris de classe. “L’accent c’est simplement la manière de parler. Il se passe qu’en France, un des accents de Paris, plus précisément l’accent de la bourgeoisie d’Île-de-France qui a réussi l’exploit de faire croire qu’elle n’avait pas d’accent. C’est aussi idiot que si je disais à une personne qui a la peau noire, qu’elle a une couleur et pas moi. C’est idiot.”

Il y aura eu de nombreux cas, de discriminations linguistiques, parfois professionnelles. Un cas qui a fait grand bruit, celui de Jean-Luc Mélenchon, qui devant la question embarrassante de la journaliste de France 3, Véronique Gaurel… lui renvoi moqueusement « Et alors ? Qu’esseuh que ça veut direuh ? » en insistant sur les « euh » « C’est quoi votre question, madame ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. » C’est à l’accent de la journaliste qu’il s’en prend !!

L’accent, comme nos langues régionales, fait partie de nos particularités culturelles. Nos grands-parents ont vécu la pression des instances nationales et parisiennes pour oublier leur langue et leur accent. A l’époque, une carrière pour les jeunes diplômés ne pouvait s’entrevoir avec l’accent et encore moins en langue régionale. Aujourd’hui, les actions néfastes aux accents se cachent derrière des traits d’humours, de moqueries, derrière nos petits écrans l’accent est attaché à rehausser la plaisanterie, ou seulement aux commentaires de certains sports…

L’accent méridional, quant à lui, qui évoque le soleil et les vacances, trône au sommet d’une hiérarchie de français enchantés », selon l’expression employée par le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus.

Philippe Boula de Mareüil,

L’esprit de corps ou de clocher prévaut, encore, dans notre société moderne qui consacre l’individualisme. On peut chercher à se différencier de la société dominante, à retrouver un peu de cette convivialité qui n’est peut-être pas transmise par le jacobinisme français, en restant entre soi, en gardant son accent. De surcroît, le développement des échanges peut favoriser une nouvelle redistribution des accents, plus en réseau qu’à l’intérieur d’aires contiguës.
« Les accents, y compris celui dit de banlieue, même s’il convient de reconnaître qu’il est handicapant dans la vie sociale – participent de la richesse de notre langue. Dans un imaginaire linguistique assez répandu, cet accent, auquel on attribue une origine « beur », serait lié à l’immigration maghrébine. Or l’accent dit de banlieue est fort différent d’un accent du « bled ». Philippe Boula de Mareüil – chercheur en Linguistique au CNRS

En conclusion :
Mieux comprendre les décalages énormes, entre le pouvoir et ses visions, avec les besoins et les réalités pratiques du peuple. Nos dirigeants ne sont pas incultes, de leurs racines, mais empreints de cette “bergonha” (honte) qui les obligent à cacher et oublier leurs origines. On ne peut pas défendre son pays sans parler de ses profondes racines et de ses incroyables diversités qui en font son charme et sa renommée. !