Cicéron disait : «C’est dans l’adversité que se révèlent les vrais amis ». En singeant cette citation on peut parfaitement se retrouver dans les événements anxiogènes qui ont lieu en ce moment.

Le français ou devrais-je dire le gaulois a dans ses gênes une forme innée de carences en tous genres dont les effets n’ont pas tous été corrigés par les acquis. Plus individualiste que le commun des mortels dans d’autres civilisations sa mauvais foi n’a pas de limites et son comportement en groupe ou en société reste souvent inqualifiable pour un grand nombre.

C’est ainsi que la crise a mis en exergue deux catégories de gaulois. La première, les confinis :

Les confinis dont la spécialité est de n’avoir pas su modifier leur savoir être par l’éducation et la culture depuis l’âge de pierre.

C’est dans cette catégorie qu’on trouve tout d’abord un certain nombre de parisiens.

  • Ceux là même qui montraient du doigt le chinois qui étaient un salaud parce que le virus venait de leur pays et que se déplaçant sans vergogne nous l’avait refourgué sans coup férir. «Rentre chez toi salaud de jaunes» leur criait-on dans le 13° arrondissement de Lutèce;
  • Ceux là même qui montraient de la haine, du mépris et du rejet envers des migrants qui quittaient un territoire pour fuir un malheur ou la guerre et qui très égoïstement se moquaient de toutes les maladies qu’ils pouvaient nous transmettre. De vrais salauds aussi nous disaient-ils monsieur!

Et bien tous ces biens pensants, droits dans leur botte de 7 lieux, ont envahi les gares de la capitale depuis la fin du discours du président de la République qui a été visiblement très efficace. Au lieu d’entendre confiner ils ont entendu fuyez, les confinis. Faut dire Monsieur que chez ces gens-là on comprend pas monsieur, on ne comprend pas. Faisant leurs valises à la hâte et tirant les gamins par la main, il fallait trouver un train à tout prix. Alors on s’est bousculé, on s’est entassé comme des sardines, en disant au passage du mal de ces feignants de la CGT qui n’en faisaient pas assez pour faciliter ce voyage de l’égo et du nombrilisme. Et tant pis si des contrôleurs non équipés de gants et de masques allaient transmettre le virus à leurs familles et amis. Alors on a pris le virus sous le bras on l’a semé à droite et à gauche puis on l’a enfin emmené chez ces bouseux de provinciaux. Ah quel bonheur d’être à la campagne chez le cousin qu’on va pouvoir enfin contaminer tout de go ! Enfin libre et les autres peuvent crever à Paris maintenant nous on est à l’abri !

Les confinis chroniques, ce sont aussi ceux qui ont la passion des supermarchés. On adore s’y rendre et remplir son caddy jusqu’à débordement pour faire des provisions. On adore les pâtes et le papier cul qui sont les produits phare du moment et on stocke et l’on stocke encore ! On se dispute parfois, on se bat allant même jusqu’à voler dans le caddy d’à côté. Ah c’est beau ces rayons vides, on se croirait dans un film en noir et blanc durant la guerre et les périodes de restriction. On aime à se faire peur, c’est chouette. Du moment que j’en ai pour moi les autres je m’en fous, c’est chacun pour soi.

Les confinés

Et puis très discrètement il y a les confinés. Ils n’intéressent personne au fond. Ils écoutent, ils respectent et ont conscience que l’intérêt commun passe inéluctablement avant l’intérêt privé dans une telle situation. Ils font les gestes barrières et limitent au maximum leur déplacements. Ils checkent avec leurs enfants pour leur apprendre par le jeu les bonnes attitudes et restent à distance de leurs proches.

Le problème est que si les confinis restent plus nombreux que les confinés la pandémie va s’accélérer et il y aura des milliers de morts. Alors confinis ou confinés ?

Je dédis cet éditorial à toi… que j’aime et qui vient d’attraper le covid-19 et à toi personnel soignant qui risque ta vie tous les jours pour en sauver d’autres dont une qui m’est chère.