Dans le monde d’avant, il y avait plein de choses qui n’allaient pas bien sûr, mais on en connaissait les règles et on s’en accommodait. Dans cet ancien monde, il y avait une droite, une gauche, une extrême droite, une extrême gauche et un centre mou qui n’arrivait pas à percer malgré le grand rêve d’un nommé François Bayrou. On percevait bien les différences d’approches de la société et chacun faisait son choix en son âme et conscience.

Petit à petit la machine s’est déréglée et les choses se sont accélérées très rapidement. Les politiques et les partis sont restés sur des acquis sans se remettre en question trop occupés à des luttes fratricides en interne : une bataille des égos insupportables. Les logiciels n’étaient plus adaptés et un véritable divorce s’est installé entre les élites et le peuple. Nous avions viscéralement besoin de quelque chose de nouveau, de rafraichissant, de jeune, de beau, de tout quoi et de son contraire.

Sorti du chapeau, un homme brillant et intelligent a compris cela. Cet opportuniste a vu là l’occasion de monter sur la plus haute marche en proposant quelque chose de nouveau et en rupture. Au début personne n’a cru ou presque à ce quadragénaire, jamais élu et si jeune pour devenir président de la République. Le vieux monde se rayait de cet incongru persuadé que ce « jeunot » n’avait aucune chance et que les tripotages pourraient continuer Ad vitam æternam avec une fois toi, une fois moi, et cette devise « il est urgent de ne rien changer ».

Pourtant au fil du temps, les choses ont évolué. Il y a ceux qui trop déçus par la politique se sont réfugiés dans l’abstention ne croyant absolument pas à ce nouveau monde cousu de fil blanc. Il a ensuite ceux qui dans le vote contestataire ont voté aux extrêmes et puis enfin ceux qui ont rêvé d’un nouveau monde en la personne d’Emmanuel Macron. Tout allait être beau et neuf avec un nouveau logiciel et de nouvelles règles dont celle de l’exemplarité, de la probité et plein d’autre mots finissant par « é ». Hé bé !

Presque 3 ans après, la gauche et la droite sont au fond du trou et mettront des décennies à se remettre alors qu’elles sont indispensables pour l’exercice de la démocratie. Nous sommes dans la bi-polarité de la vie politique française avec comme choix, Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou l’abstention. Un appauvrissement des idées et un débat politique qui n’intéresse plus personne. Dans ce nouveau monde où tout ne devait être que ciel bleu et exemplarité 11 ministres ont du quitter leur poste pour des raisons peu glorieuses. La société s’est fracturée comme jamais et la violence s’est installée dans la rue avec des forces de l’ordre qui ont perdu la confiance des français par des comportements parfois inacceptables. Il devient dangereux de manifester alors que c’est un droit fondamental de liberté publique prévu par la Constitution. Le peuple de France est apeuré par cette nouvelle Loi sur les retraites sachant que tout est joué d’avance et que l’on ne peut plus rien y faire. Un état de soumission, un état de résignation inquiétante règne… mais jusqu’à quand ? Les embellies ou supposées comme telles deviennent inaudibles dixit la baisse du chômage.

Alors qu’on croyait ces pratiques réservées à quelques célébrités du monde du football ou du show biz nous voilà en pleine sextape avec Benjamin Griveaux obligé de mettre un terme à sa candidature à la mairie de Paris. C’est ce qu’on appelle le nivellement des élites… par le bas ! Bien sûr la classe politique se serre les coudes et crie au scandale ! Dans les premiers à réagir, le ministre de l’intérieur prit lui même dans une position inconfortable dans une boîte de nuit il y a quelques temps ! Mais où est le scandale ? Il y a bien quelqu’un qui volontairement a filmé une telle scène avec son portable en présence de jeunes femmes qui n’avaient pas fonction d’épouse légitime. Une bombe à retardement dans un portable quand de plus on est un homme public ! La diffusion ne peut avoir lieu que si une sextape est filmée et que la vidéo est donnée à un diffuseur !

Plus on avance plus on peut se demander si ce nouveau monde n’est pas en fait pire que l’ancien pourtant si décrié à la fin ! Ne s’est-on pas fait berner ? On rêverait presque d’élections où droite et gauche face à face se livreraient un vrai duel avec des écologistes devenus les arbitres indispensables.

Je rêvais d’un autre monde
Où la Terre serait ronde
Où la lune serait blonde
Et la vie serait féconde

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