Commémoration de l’Armistice à Montespan le 9 novembre 2019.

Nous pouvions être saisis en arrivant de la qualité de restitution par la représentation d’un campement, des soldats plus vrais que vrai, le personnel d’infirmerie, la reconstitution de l’hôpital à la salle des fêtes.

Accoutumé aux images en noir et blanc illustrant cette période de ce qui fut un véritable enfer sur Terre nous étions accoutumés à la distance préparant à l’oubli de l’histoire. La vision en « vrai » des uniformes donnait plus de consistance aux discours qui ont suivit. Il faut retenir que les élus présents et la représentante de l’État ont su trouver les mots pour rappeler la souffrance de ces hommes partis au front, pour ne jamais revenir pour certains. Il fut évoqué aussi la situation du retour de ces hommes dans leurs familles, dont beaucoup demeurèrent handicapés, meurtris, la difficulté à reprendre leur place dans la sphère familiale, ceux que l’épouse n’a pas attendus, tant de situations de vies brisées qui devaient faire dire « Plus jamais ça ! ».

La cérémonie s’est déroulée dans un rituel très militaire, guidé en cela par un maître de cérémonie qui nous a livré sa vision de l’histoire, suscitant quelques discussions dans les apartés. En effet, peut-on véritablement parler historiquement de victoire alors que l’Empire austro-hongrois était en train d’imploser, exposé à des troubles internes qui ne lui permettaient pas de poursuivre la guerre ? L’humiliation historique subie par les signataires allemands de l’Armistice à Versailles ne fut-elle pas le ferment revanchard qui accoucha dans l’inconcevable seconde guerre mondiale ? Dans la tentation de ces consensus trop faciles propres aux commémorations, ne faudrait-il pas songer à sortir de cette fatalité qui consiste à diaboliser l’adversaire, l’étranger qui en fait nous est tellement semblable, oubliant ainsi de rappeler la nécessité d’altérité. L’Autre avant de devenir l’ennemi est d’abord un interlocuteur, avec qui de toute façon on finit au bout du compte par négocier, une pensée qui a inspiré la phrase célèbre de Jacques Prévert « Quelle connerie la guerre ». V

oltaire en 1759 avec son œuvre littéraire « Candide » nous avait en son temps déjà instruit avec esprit et lucidité sur l’envers du décor des parades militaires. Au-delà de la qualité remarquée des interventions des élus en évoquant le rôle des femmes durant la grande guerre, la nécessité de transmission aux jeunes générations par une pédagogie adaptée développé par Président de la Communauté de Commune Cagire-Garonne-Salat, celle du député du Canton de Luchon a retenu singulièrement l’attention. Il nous a rappelé les troubles de la société dans le cadre du contexte géopolitique actuel. Il a souligné avec émotion le danger des facilités nauséabondes à surfer politiquement sur l’inquiétude populaire à fin de promouvoir d’obscurs projets politiques au contenu nauséabond.

Ont présenté la manifestation commémorative : Madame Marie-Christine Ilorens Maire de Montespan, François Arcangeli Président de la Communauté de Commune de Cagire Garonne Salat en représentation de Carole Delga Présidente de la Région Occitania, Joël Aviragnet Député du nouveau Canton de Luchon et Madame Marie-Paule Deniguel représentante de l’Etat.