Communiqué de Fabrice Bernissan, professeur d’Occitan au collège de Luz Saint Sauveur.

« La rentrée scolaire montre une situation encore plus fragilisée de l’enseignement de l’occitan dans toutes les académies. Celle de Toulouse en particulier.

La mise en place de la réforme des lycées n’arrange rien, bien au contraire.  Des établissements ferment leur filière Occitan,  comme à Tarbes au lycée Jean Dupuy où ont enseigné de grandes figures de la Bigorre tels Denis Pécassou fondateur de la Hesteyade de Bigorre et Pierre Loubère grand promoteur d’une économie basée sur l’identité.

L’enseignement dans les collèges est mis à mal : suppressions d’heures de cours, aucune ouverture d’enseignement bilingue.

À quoi sert de promettre aux parents des écoles bilingues que la continuité pédagogique sera assurée dans les collèges alors que rien n’est fait dans ce sens ? Pourtant nos jeunes ont grand besoin de repères en ces temps de globalisation.

Nous voyons tous les ravages causés par l’Internet à outrance, les réseaux sociaux, les appels de la publicité et de la mode à tout prix.

L’enseignement de la langue d’ici les relie au concret, aux mots, aux noms des paysages, à leur environnement, à l’histoire du territoire où ils grandissent.

Chacun devrait pouvoir bénéficier de ces repères, le savoir ne nuit jamais. »

Dimanche à 9h Fabrice est parti à pied de Gavarnie, un lieu cher à son cœur en Bigorre, qui est aussi l’endroit où la langue d’Oc est la plus parlée. Au terme de sa course de 240 kilomètres il portera mercredi un message simple au Recteur de l’Académie, à Toulouse.

« Il faut en finir avec la répression de notre langue et ouvrir une nouvelle ère. L’État doit maintenant réparer le mal qu’il a fait. Nos grands-parents, nos parents, se souviennent des humiliations et des maltraitances qu’ils ont subies lors de leur scolarité lorsqu’ils parlaient leur langue maternelle. La langue de la maison.

Cette honte a poursuivi de nombreuses personnes jusqu’à aujourd’hui. Alors que d’autres régions d’Europe s’appuient sur leur langue pour développer leur territoire et leur économie, nous, ici, ne tirons pas profit du dynamisme qu’apporte une langue propre.

Pourtant on doit tant de choses à la langue et la culture d’Oc : les démocraties pyrénéennes, la place de la femme dans la société, la poésie des troubadours, une littérature riche. Nous courrons donc pour affirmer notre attachement à la transmission d’un précieux héritage et la possibilité d’offrir de nouvelles perspectives à notre région. »

Fabienne, Sylvain et un cameraman de Radio Païs ont accompagné Fabrice.

Lundi vers 16h30, Fabrice et ses soutiens faisaient une halte à Montréjeau, place Valentin Abeille. C’est Françoise Noble, secrétaire d’Ostau Comengés qui les accueillait avec quelques douceurs et des boissons rafraîchissantes.

« Je n’ai pas l’habitude de courir et je souffre. J’ai déjà perdu plus d’un kg depuis le départ. Avec  Fabienne, nous alternons vélo et course à pied. Un grand merci à Stéphane Turpin de l’ACM qui nous a rejoints dans la rampe de Capvern qu’il a montée à la vitesse de 10km/h ! Annick Bellile, secrétaire de l’ACM Running Club l’accompagnait. »

Jean-Paul Ferré, président de l’Ostau Comengés prenait quant à lui le relai à Bordes de Rivière jusqu’à Saint Gaudens au lycée Bagatelle. Eric Heuillet, adjoint aux sports et René Savelli, président de l’association des maires de Haute-Garonne participaient au comité d’accueil.