Un fait divers dans les colonnes de la presse régionale nous sensibilise, dans l’immédiateté, sur un événement qui sort de l’ordinaire. Dans l’émotion le temps d’un instant, on fait part autour de soi de ses ressentis, de sa colère contre celui qui a commis la faute irréparable, de son incompréhension et de son empathie pour la ou les victimes. Mais très rapidement la vie quotidienne reprend le dessus, vient le temps de l’oubli, un fait divers en chassant un autre.  ( lire ici le premier article  )

Pourtant pour la victime, sa famille et ses amis ce temps de l’oubli n’existe pas. La peur, l’angoisse, la solitude font désormais partie du quotidien tant l’avenir est incertain. Véronique S… n’a plus son pronostic vital engagé. Si c’est un soulagement général, ce n’est pas pour autant que les choses sont réglées.

Des équipes chirurgicales pluridisciplinaires mettent tout leur génie et leur savoir faire pour réparer un corps tellement meurtri par la faute impardonnable d’un chauffard qui s’est servi de sa voiture comme d’une arme. Des opérations qui se succèdent avec ces sentiments mélangés de peur et d’espoir qu’elle suscitent. Des longues heures à attendre l’ouverture des portes d’un bloc opératoire et d’espérer lire dans les yeux du chirurgien une bonne nouvelle qui apaisera l’angoisse.  Chaque jour est une victoire sur l’avenir et l’on se raccroche au moindre aspect positif. Véronique S… devra se battre avec cette immense force de caractère qu’elle possède pour gagner ce combat de vie et reprendre sa place dans cette société dont elle combattait les vices avec tant de générosité.

Vous avez été plus de 30 000 lecteurs à lire ce fait divers dramatique. La plupart d’entre vous avec beaucoup d’empathie et de nombreux témoignages sont venus réconforter la famille émue par tant de compassion.

L’un de ces témoignages nous raconte dans quelles circonstances, l’automobiliste a fait demi tour au péage de l’autoroute de Muret. Nous remercions Stéphanie … de nous l’avoir confié. Il pose plein de questions au demeurant sur la volonté du conducteur et même de savoir si son geste n’était pas volontaire. Chacun se fera son opinion.

« Lundi matin, vers 8h45 je roulais sur l’A64, direction Toulouse. A l’approche du péage, je ralentis à 90km/h et plus loin sur la droite, sur un emplacement d’urgence, une voiture est stationnée et semble repartir. Mais je la vois faire demi-tour et m’arriver dessus. Je suis sur la 3ème file et j’ai une voiture sur ma droite. Je me demande juste si la voiture qui arrive sur moi veut « juste » faire demi tour ou si elle veut volontairement faire un strike! je me serre à gauche. La voiture à ma droite se serre à droite et le chauffard passe entre nous deux. Je vois dans mon rétro beaucoup d’appels de phares. Il devait y avoir du monde derrière. J’ai appelé de suite la police pour leur signaler la voiture en contre sens. J’ai été incapable de dire de quelle voiture il s’agissait, je ne suis même plus sûre de la couleur tellement mon cerveau refoule ces images. Une question reste en suspens pour moi : Que voulait ce chauffard ? se rendait-il compte de ce qu’il faisait ou pas? ce soir je pense à sa victime et prie pour qu’elle s’en sorte. »