Brel l’avait chanté : Nous avons tous un dernier repas avant de partir pour ne plus revenir. L’occasion de regarder dans le rétroviseur pour vérifier que notre vie, nos engagements ont été conformes à ceux que nous souhaitions ou pas. Au fil des fêtes locales, de nombreux maires de ces communes rurales du Volvestre ou d’ailleurs font leur dernier repas de premier magistrat de leur village. Ils se sont entourés pour l’occasion avec des invités qu’ils ont choisi pour les accompagner dans ce moment particulier. L’année prochaine, après les élections municipales, ils seront au mieux invités par leur successeur, au pire évité pour quelques raisons obscures.

Henri Devic ne nous a pas confié d’une manière officielle s’il faisait partie de ces élus qui ont décidé en conscience de laisser la place pour que la démocratie puisse s’exercer en toute quiétude. Faire en sorte que cette fonction ne devienne pas un métier, ne pas faire le mandat de trop et pouvoir enfin s’occuper de soi et des siens.

Pourtant à le regarder oeuvrer avec la gentillesse naturelle qui est la sienne, avec ce dévouement sans limite qui a marqué ces mandats successifs, on percevait une émotion particulière lors de cette soirée pas tout à fait comme les autres. Prévenant, il prenait soin de chaque invité avec une attention particulière. A la table qu’il présidait, il a souhaité que Maryse Vezat conseillère départementale du canton s’assoit en face de lui. Il s’est parlé des projets qui avaient abouti et dont le conseil municipal pouvaient se montrer fier et de ceux qui malheureusement sont restés lettre morte souvent à cause de quelques tracasseries administratives ou de la politique politicienne qui déroute parfois. L’impression que depuis quelques temps les choses ont bien changé et pas toujours dans le bon sens. Une soirée en forme de bilan où la nostalgie n’était jamais loin. Etre maire, c’est un sacerdoce et le quitter n’est pas chose aisée même si c’est un choix de raison.

Les habitants de Gensac étaient venus extrêmement nombreux pour partager ce qui pourrait être le dernier repas de leur maire dévoué. Il a fallu rajouter des tables. Comme chaque année, le cassoulet servi par le traiteur Calvet n’a pas failli à sa réputation d’excellence. On s’est dit au revoir avec beaucoup d’empathie comme si de rien n’était mais des regards croisés en disaient longs.

On ne sait pas si Henri Devic sera candidat à sa succession, le temps politique n’est pas encore venu et il ne s’est livré à aucune confidence. Toutefois cette ambiance particulière indique sans nul doute qu’il y réfléchit vraiment.