Les fêtes de Bax sont un mélange subtil d’ingrédients qui, chaque année, contribue à sa réussite. Comme ailleurs on n’y réalise pendant 3 jours des animations que l’on peut qualifier d’habituelles mais le savoir faire vient incontestablement de la partie gastronomique et du sens inné de la fête.

En ce mois de mai béni des Dieux parait-il, le comité des fêtes de Bax inaugure la saison des fêtes du village. C’est en quelque sorte le vin primeur des festaïres.

Ce petit village de moins de 100 habitants a acquis une réputation qui dépasse largement ses frontières qui, ici, sont ouvertes à tout le monde. C’est le rendez-vous des épicuriens de tous poils et on y vient de partout pour prendre du plaisir. Certains s’attarderont plus que de raison à la buvette mais c’est juste pour refaire le monde et dire du mal de son voisin ou plus souvent des politiques. A Bax on ne boit pas on se désaltère et on n’est ni de droite ni de gauche. On est contre tout… ou d’accord sur l’essentiel. On est des libre penseurs. Pendant ce temps là, un immense barbecue fait cuire des centaines de magrets. Un travail fastidieux mais qui s’exécute dans la bonne humeur. Boudu qu’il y fait chaud à côté des braises !

Puis vient le temps de passer à table.

Le cérémonial des chemises rouges commencent. Pendant que des centaines de convives attendent avec impatience les précieux mets, les serveuses et serveurs rentrent en scène. Il est 21 heures 30, le spectacle peut commencer. Un rituel calibré au millimètre par la prêtresse de service qui répond au doux nom de Roselyne s’exécute devant nous. On est rentré dans la quatrième dimension. Après les entrées qui ne sont qu’une excuse, les grandes gamelles défilent au milieu d’une haie d honneur. On aperçoit le bal des chemises rouges qui se meuvent vers un point bien précis. Quelle est cet étrange secte, que va t -il se passer ?

Comme une seule main, les couvercles des gamelles se soulèvent. Deux officiants, à l’aide d’une grande cuillère que l’on ne voit que dans les dessins animés, commencent à filer l’aligot à 2 ou 3 mètres du sol, dans une chorégraphie synchronisée. Un spectacle qui attire de nombreux photographes. Le bal des portables après le bal des chemises rouges. Roselyne siffle la fin de la récréation, chacun regagne sa place et les chemises rouges reprennent les choses en main en faisant un service impeccable. Ces bénévoles du comité des fêtes de Bax c’est quelque chose !

C’est vrai tout cela est fort agréable. A peine fini de manger l’orchestre Columbia commence à jouer sa partition endiablée. Les hommes, par nature si ballots, comme dirait Brassens, ont remarqué la présence de magnifiques danseuses. Le sexisme n’est jamais loin mais c’est vrai qu’elle étaient belles et dansaient à merveille. Il est permis d’admirer un travail bien fait quand même.

Pendant ce temps là les forts sympathique Christophe Bex candidat de la France insoumise et sa suppléante Lauren Baron, tous deux en campagne, ont assisté à tout ce cérémonial peu ordinaire. Une certaine idée de la France où les mots vivre ensemble ont un sens. Ils se sentaient visiblement chez eux. Mais il est tard Monsieur, il faut que je rentre chez moi…