Le Grand Orient de France a désigné, vendredi 28 août 2026 à Bordeaux, Guillaume Trichard à la tête de l’obédience. Déjà Grand Maître en 2023-2024, il effectue un retour remarqué à la Grande Maîtrise et à la présidence du Conseil de l’Ordre. Une situation rare : il faut remonter à trente-sept ans pour retrouver un ancien Grand Maître revenu à la direction de l’obédience.
Réunis à l’occasion du 161e Convent, les délégués du Grand Orient de France ont ainsi confié à Guillaume Trichard la mission de conduire une obédience qui revendique plus que jamais son engagement dans le débat public. Dans son discours d’installation, le nouveau Grand Maître a dressé un constat sévère de la situation du pays et du monde. Selon lui, la France traverse une crise profonde du pacte républicain, dans un contexte international marqué par les convulsions. « Ce qui vacille, ce n’est pas un texte constitutionnel, c’est le lien qui nous tient ensemble », a-t-il affirmé.
Trois priorités pour ouvrir la mandature
Cette nouvelle mandature s’articulera autour de trois priorités tournées vers l’extérieur. La première consiste à réaffirmer le Grand Orient de France comme un ordre initiatique, à l’approche de son tricentenaire, l’obédience ayant été fondée en 1728.
La deuxième priorité concerne le lancement des Utopia Masonica, des événements publics organisés par les loges au printemps 2027 autour du thème de la fraternité.
Enfin, la troisième priorité réside dans l’organisation de conférences publiques baptisées « Chantiers de la République », qui devront se déployer sur l’ensemble du territoire.
Une mobilisation de toutes les loges
Guillaume Trichard a également lancé un mot d’ordre à l’échelle de l’obédience : « Une Loge, un acte ». D’ici au prochain Convent, chacune des 1 400 loges du Grand Orient de France est invitée à mener une action publique concrète, qu’il s’agisse d’une conférence, d’une intervention en milieu scolaire ou universitaire, d’une exposition, d’un concert ou d’une action de solidarité.
L’objectif affiché est clair : faire entrer les valeurs maçonniques dans la Cité.
Des combats jugés universels
Le Grand Maître a enfin rappelé l’héritage historique des francs-maçons du Grand Orient de France dans les grandes conquêtes de l’émancipation. Il a assigné à sa génération quatre combats prioritaires : la santé globale, la dignité du grand âge, l’éducation populaire et le droit d’asile pour les réfugiés climatiques.
Fidèle à l’universalisme, au legs des Lumières et à l’engagement de l’obédience en faveur de la laïcité, le Grand Orient de France entend aussi se placer « à l’avant-garde » de la lutte contre les idéologies identitaires. Guillaume Trichard a insisté sur la nécessité de combattre avec fermeté le racisme et l’antisémitisme, ne devant en aucun cas être banalisés dans le débat public.
Une dimension internationale revendiquée
Dans un contexte géopolitique tendu, marqué par le retour des conflits de haute intensité et par des atteintes à l’État de droit dans plusieurs pays, le nouveau Grand Maître a fait de la dimension internationale un axe majeur de son action. Il souhaite promouvoir un pacte d’alliance entre les obédiences de franc-maçonnerie libérale et adogmatique, afin qu’aucune ne demeure isolée face aux menaces.
Il a également adressé un message de soutien aux francs-maçons de Madagascar, ainsi qu’à l’ensemble des frères et sœurs menacés dans le monde.
Enfin, dimanche 30 août à 18 heures, à l’Arc de Triomphe, Guillaume Trichard a ravivé la flamme du Soldat inconnu et déposé, pour la première fois dans l’histoire du Grand Orient de France, une gerbe au nom de l’obédience, en hommage à tous ceux qui sont tombés pour les valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité.








