Il y a, à l’évidence, bien des raisons d’être pessimiste sur l’époque que nous traversons. Les gigantesques incendies de forêt qui ravagent des territoires entiers agissent comme un brutal révélateur : oui, le dérèglement climatique avec ses canicules toujours plus nombreuses et intenses n’est plus une hypothèse, ni même une menace lointaine, mais une réalité installée, durable, qui bouleverse déjà nos vies. Tout le monde en parlait depuis des années. Trop peu ont réellement changé leurs comportements. Et aujourd’hui, la nature nous rappelle violemment ce que nous avons trop longtemps refusé de voir.
Ces drames mettent aussi en lumière l’insuffisance de l’anticipation publique. Nos décideurs subissent désormais de plein fouet des crises qu’ils n’ont pas suffisamment préparées. Les moyens de lutte apparaissent trop faibles, les politiques de prévention trop tardives, les choix d’aménagement trop longtemps reportés. On ne peut pas dire que l’on ne savait pas. On ne peut pas dire non plus que rien n’aurait pu être fait. C’est bien là que le constat est le plus dur : nous avons trop souvent préféré différer, minimiser, espérer que le problème se réglerait de lui-même. On a regardé ailleurs…
Le même reproche vaut, à une autre échelle, pour la guerre en Ukraine. Sur le sol européen, nous avons également manqué de prévoyance, d’anticipation, de lucidité stratégique. Nos pays se sont désarmés avec une légèreté aujourd’hui difficilement défendable. Nos matériels militaires ne sont plus adaptés et les ukrainiens nous ont donné une vraie leçon. Nous avons trop cru que l’histoire était terminée, que les rapports de force s’étaient figés, que la paix allait de soi. Il faut désormais réarmer, et cela coûtera très cher. Les choix politiques à venir seront douloureux, car l’heure n’est plus aux postures mais aux responsabilités.
Dans ce contexte, l’élection présidentielle de 2027 s’annonce d’une gravité exceptionnelle. Quel que soit le candidat élu, il héritera d’une France fragile, sous tension, au bord du gouffre sur plusieurs fronts, financier ou moral. Il faudra alors gouverner sans illusion, avec courage, et surtout sans promettre ce qui ne pourra être tenu. Attention aux faux pas, aux emballements, aux grandes envolées sans lendemain : le pays n’a plus les moyens de l’improvisation.
Et pourtant, contre toute attente, les Français continuent de chercher en eux-mêmes, et non plus dans une figure providentielle, les ressources nécessaires pour tenir. La solidarité citoyenne, les initiatives locales, l’entraide concrète deviennent des points d’appui essentiels. Plus personne, ou presque, ne croit encore à l’homme providentiel. La confiance, elle, ne reviendra pas vite. Elle devra se reconstruire patiemment, par des actes, des preuves, de la constance.
Les mots ne suffisent plus, il faut des actes. Il faut désormais des décisions fortes, une vision claire à court, moyen et long terme et le courage de regarder la réalité en face. C’est à ce prix seulement qu’un avenir commun pourra encore être défendu.
Bonnes vacances à ceux qui peuvent encore en prendre en oubliant qu’un seul homme peut bouleverser le monde et mettre son économie à genou.







