La Communauté de Communes Cœur et Coteaux du Comminges est un grand corps malade. La nouvelle présidente Céline Laurenties-Barrère est à son chevet avec son équipe réduite à 6 vice-présidents pour notamment gérer la dette colossale dont elle hérite.
Face à son challenger Alain Boubée, elle a obtenu ce fauteuil à la fois prestigieux et redoutable, précédemment occupé par Magali Gasto-Oustric maintenant sénatrice de la Haute-Garonne. Dans son bureau de l’hôtel de la 5C à Saint-Gaudens, la présidente prend ses marques et s’est déjà mise au travail. Et du travail concède-t-elle, il y en a.
Quelles sont vos sentiments à l’issue de l’élection du 14 octobre ?
« Un sentiment de grande responsabilité, car les enjeux et les défis sont énormes. Je suis à la fois heureuse du résultat et très consciente de l’ampleur de la tâche qui nous attend pour redresser la barre. »
Qu’est-ce qui a motivé votre candidature ?
« Lors de mon premier mandat je faisais partie de l’exécutif, mais la politique de gestion mise en place à l’époque ne me convenait pas. Les investissements choisis me paraissaient d’une part n’être pas prioritaires, d’autre part, totalement surdimensionnés financièrement.
Avec Jean-Yves Duclos et d’autres, nous avons collectivement réfléchi à des scénarios pour la suite lorsque Mme Gasto-Oustric a annoncé son départ, et la décision de présenter quelqu’un s’est imposée. Il s’est avéré que ma candidature a été retenue. »
Quels sont les gros dossiers en cours ?
« Deux essentiellement. D’abord la situation des abattoirs du Comminges (société agroalimentaire qui comprend 2 établissements un à Saint-Gaudens et un à Boulogne ndlr), en grande difficulté en raison notamment de travaux de réhabilitation pharaoniques. Il faut absolument préserver cet outil de proximité, indispensable à la filière viande surtout dans une terre d’élevage comme ici.
Ensuite, le budget déficitaire de la Communauté, un dossier très compliqué. Il va falloir jongler et préparer celui de 2027, avec des enjeux majeurs comme les Pyrénéennes, salon agricole triennal qui se tiendra en septembre 27.
Aujourd’hui il n’y a absolument pas de marge de manœuvre, il faudra choisir ce que l’on maintient et ce que l’on supprime, c’est clair. Il n’est pas question d’envisager de nouveaux projets mais gérer au mieux ce qui existe. »
On vous surnomme déjà Madame anti-gaspi, vous revendiquez ce qualificatif ?
« Oui ma foi pourquoi pas (rire). Je suis pragmatique et l’axe prioritaire de ma politique sera de veiller au grain de toutes les façons possibles, tout en préservant bien sûr le service public, et de bonnes conditions de travail pour les agents. Pour moi l’aspect humain est primordial. »
Une dette de trente millions d’euros, des solutions ?
« La dette ne peut pas être épongée, les emprunts devront être remboursés. Je réunis actuellement les services pour examiner au plus près la situation réelle et déterminer les axes de travail, les priorisations. C’est une gageure qui paraît immense mais on a la volonté d’y arriver. Ce mandat sera très difficile, avec peu de moyens d’agir. J’ai déjà réduit la voilure du fonctionnement de la communauté en passant d’une quinzaine de vice-présidents à seulement 6. Des efforts ont été demandés aux salariés depuis deux ans, j’ai trouvé juste que l’exécutif donne l’exemple. »
Quid de la fermeture annoncée de Fibre Excellence ?
« C’est un des principaux bassins d’emploi. Pour le Comminges c’est catastrophique, tout d’abord pour les salariés, et par ricochet pour toute l’économie locale. Pour la collectivité, c’est d’énormes ressources en moins, et du coup un autre trou dans le budget. Notre territoire subit lui aussi le marasme national et nombre d’entreprises ici sont en difficulté malheureusement. Il faudra jongler avec tout cela. »
La fiscalité pour les ménages, les propriétaires, les entreprises, augmentera-t-elle ?
« Non, nous allons tout faire pour respecter cet engagement que nous avions pris en campagne électorale, ne pas toucher à la fiscalité. Il n’est pas envisageable de peser davantage sur les difficultés actuelles dans le territoire. Ça fait partie du challenge. »
Y a-t-il des éclaircies dans le futur proche de la 5C ?
« Tout d’abord nous allons parer au plus pressé. Et l’équipe plurielle qui m’entoure est source de dynamisme, j’aime le dialogue et la confrontation positive des idées, qui génèrent créativité et diversité, dans le respect de la démocratie. Nous allons aussi beaucoup échanger et communiquer avec les élus du territoire, pour qu’ils s’approprient l’outil au service de tous que représente la Communauté de communes. »






