Christophe Bex à propos de Fibre Excellence: «Il faut arrêter d’abandonner notre industrie»

Jeudi 23 juillet 2026, Saint-Gaudens, salariés de Fibre Excellence devant leur usine.

Christophe Bex, député de la 7ème circonscription de la Haute-Garonne, était présent ce jeudi 23 juillet 2026 auprès des salariés de Fibre Excellence, devant l’usine.

Christophe Bex a répondu aux questions de Petite République.com

Les raisons de votre présence auprès des salariés de Fibre Excellence qui sont installés devant le site depuis le mardi 21 juillet?

Christophe Bex: «Nous suivons le dossier de Fibre Excellence depuis plusieurs mois. Je suis venu en soutien parce que l’État doit investir là où il y a de l’outil productif. Il faut arrêter d’abandonner notre industrie, que ce soit ici à Saint-Gaudens et partout en France. Sinon, il ne faudra pas se plaindre que les territoires soient abandonnés, qu’il n’y ait plus de commerces, de services publics, d’écoles.

C’est plus de 700 emplois qui sont en jeu. Il faut à tout prix que l’État investisse. Chaque année, l’État donne plus de 210 milliards aux entreprises sans aucune condition. Là, il a l’occasion de donner 100 millions pour justement investir dans l’outil collectif, de créer de l’emploi là où habitent les gens.

Mon soutien est ici à Fibre Excellence, et dans toutes les luttes qui se passent localement actuellement en France, là où habitent les gens».

Le député Christophe Bex et l’assistante parlementaire Ariane Laude.

Quelle est votre vision du projet à réaliser ?

Christophe Bex: «Je crois que le projet de la CGT était viable, un beau projet. Mathieu Pigasse a été sollicité. Il est prêt à s’investir dans ce projet. C’est à l’État de rentrer dans le capital et de soutenir cette démarche de Mathieu Pigasse. Nous espérons que dans les prochaines heures cette offre va s’enrichir. Il y aura peut-être d’autres repreneurs.

Mais il faut maintenir ce site industriel sur place, ici à Saint-Gaudens, le seul site en France à produire encore de la pâte à papier. C’est un enjeu de souveraineté nationale».

Je veux apporter mon soutien à tous les salariés, et aussi à toutes les personnes qui habitent autour de Saint-Gaudens. Le nombre de commerces qui y sont fermés me désole. Comment peut-on avoir des territoires attractifs, si l’Etat s’en va? Ce sont les écoles qui vont fermer, c’est la maternité qui va être en danger…C’est toute cette vie locale, non seulement le travail, la vie culturelle, la vie associative, la vie en commun qui sont concernés. Il faut arrêter de concentrer l’activité sur la grande métropole toulousaine».

*** ***

Au même moment, les salariés réunis devant le poste de télévision écoutaient incrédules, sur FR3, l’extrait d’une interview de Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, qui comparait sans le nommer Mathieu Pigasse «non pas (à) Robin des Bois mais plutôt (au) shérif de Nottingham», déléguant au tribunal le soin de trancher une offre de reprise dont il considère par avance qu’elle n’est «pas au niveau».

Des propos inattendus de Ponce Pilate d’un ministre sombrant dans des attaques politiciennes au lieu de rassembler les énergies, ce que semblerait à priori devoir requérir sa charge de ministre de la «Souveraineté industrielle».
Des propos malvenus envers le projet d’un territoire rural appartenant à ce que le géographe Christophe Guilluy a appelé «la France périphérique», un territoire fragile menacé de satellisation par le comportement d’un ministre imprécateur.

Mots-clés :

Articles en relation :