Saint Gaudens : Tribunal Saint-Gaudens: les avocats opposés au projet de loi «justice criminelle et respect des victimes»

Jeudi 16 avril 2026, Maitre Jean-Louis Dureau entouré par les avocats du barreau de Saint-Gaudens auxquels s'était joint le maire de la ville Jean-Yves Duclos.

Les avocats du barreau de Saint-Gaudens, dans la prolongation de la journée «Justice morte» du lundi 13 avril 2026, ont reconduit leur mouvement de grève totale au pénal jusqu’au dimanche 3 mai.

Dans le sillage des positions prises par le Conseil National des Barreaux (CNB), les avocats saint-gaudinois expriment leur opposition au projet gouvernemental de loi «justice criminelle et respect des victimes», présenté comme une réponse aux délais excessifs de traitement des dossiers et de jugement.

«Sous couvert de célérité et d’efficacité, ce texte remet en cause les fondements mêmes du procès pénal criminel. Il fait peser sur la procédure la charge de compenser le manque de moyens humains et matériels. Cette logique est inacceptable. Le procès criminel ne peut être réduit à une gestion des flux» proclame la motion lue par le bâtonnier Jean-Louis Dureau, sur le parvis du tribunal judiciaire de Saint-Gaudens ce jeudi 16 avril 2026.

Le texte crée une procédure permettant d’éviter un procès criminel classique lorsque la personne poursuivie reconnaît les faits et accepte la qualification pénale. Cette procédure prévoit une audience d’homologation sans juré, sans audition de témoins ni d’experts, avec une peine plafonnée.

Selon le CNB, cette procédure fait peser un risque structurel sur le consentement de la personne poursuivie, réduit l’oralité des débats, affaiblit le contradictoire et limite la place de la victime dans le procès criminel. Le Conseil National des Barreaux s’oppose à une réforme dont il considère qu’elle fragilise gravement les garanties fondamentales du procès pénal.

Pour les avocats saint-gaudinois aussi, c’est non à «une justice expéditive».

Le bâtonnier Jean-Louis Dureau conclut: «L’assemblée générale des avocats de Saint-Gaudens soutient pleinement le mouvement de grève décidé par la Conférence des bâtonniers de France. Elle exige l’ouverture d’une concertation loyale et approfondie afin de construire une justice criminelle efficace et surtout publique, contradictoire, humaine et respectueuse de l’État de droit».

Les avocats sont en grève jusqu’au dimanche 3 mai 2026, les audiences sont reportées, mais une permanence est cependant assurée pour garantir l’accès au droit des justiciables.

 

Tribunal judiciaire, jeudi 16 avril 2026, avocats du Barreau de Saint-Gaudens, en grève jusqu’au 3 mai 2026.

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