La présidente de la Région Occitanie Carole Delga a quasiment lancé la journée de mobilisation citoyenne organisée ce jeudi 9 avril 2026 devant l’usine Fibre Excellence, à Saint-Gaudens.
Carole Delga était présente auprès des salariés, des représentants du personnel CGT, de l’intersyndicale du Comminges, de l’Union départementale CGT de la Haute Garonne, de la Fédération des travailleurs des industries du du papier (FILPAC-CGT), et des élus, parmi lesquels Jean-Yves Duclos, Magali Gasto-Oustric, François Archangeli, Joël Aviragnet.
Après l’annonce de mise en vente de l’usine par l’actionnaire, et la solution proposée par le CIRI (Comité interministériel de Restructuration Industrielle) de chercher un nouvel actionnaire, Carole Delga assène sans ambages «ce n’est pas la bonne solution. Personne n’investira dans une entreprise dont le modèle économique n’est pas stabilisé». Elle poursuit: «l’État doit stabiliser le modèle économique», parce «qu’on ne peut pas demander à un industriel et aux salariés de faire un bénéfice de 3 à 5 M€ par mois pour compenser le déficit de la production d’électricité». Un déficit généré par le fait que le coût de production est supérieur au coût de rachat de l’électricité imposé par l’État sur la base d’un contrat passé avec l’actionnaire. Le constat réitéré par la présidente de Région est unanimement partagé par toutes les parties concernées: «Les conditions du marché qui ont évolué font que l’augmentation du coût de production est en train de plomber l’ensemble de l’activité industrielle du groupe»
La stabilisation du modèle économique, c’est tout l’enjeu de la rencontre de ce même jeudi 9 avril, dans l’après-midi, entre Carole Delga et le premier ministre du gouvernement Sébastien Lecornu, avant le potentiel redressement judiciaire qui pourrait être prononcé…dans une semaine, le 15 avril 2026.
Carole Delga martèle sa conviction: «il y a des solutions, mais il faut faire preuve de volontarisme politique».
Un volontarisme politique décliné en 3 points par la présidente de Région: «Il faut un avenant juridiquement sécurisé au contrat d’électricité» qui permette de modifier le prix de rachat de l’électricité pour le rapprocher de son coût de production; il faut «une indemnisation en fonction de la théorie de l’imprévision», cette théorie juridique permet d’adapter un contrat lorsque des circonstances imprévisibles rendent son exécution excessivement onéreuse pour une partie, tout en maintenant l’obligation contractuelle; et enfin «il faut un contrat passé avec l’actionnaire pour qu’il continue à investir, en contrepartie de l’effort de 150 M€ fait par l’État qui permet une diversification (dont un éventail est présenté dans le projet élaboré par les salariés)».
Ce volontarisme est envisagé dans le cadre d’une préservation de la souveraineté industrielle (Fibre excellence avec ses usines de Saint-Gaudens et de Tarascon est la seule entreprise productrice de pâte à papier en France). Il est en harmonie avec les déclarations d’intention affichées par l’État et ses représentants, dont le préfet de Région qui écrivait en novembre 2025, comme le rappellent les salariés: «Le président de la République a fait de l’industrie une priorité (…) en soutenant le développement des entreprises existantes».
«Vous avez fait de bonnes propositions, déclare Carole Delga aux représentants du personnel, ce ne sont pas des incantations ou du discours, vous expliquez les besoins de production de pâte à papier pour le pays, pour la France, et comment il est possible de se diversifier avec des produits qui répondent à la lutte contre le réchauffement climatique, vous savez mieux que moi le décrire».
Challenge économique, financier et social, cette crise industrielle, source d’échanges entre les salariés, les élus et les représentants de l’État, est aussi un exercice de démocratie dont le dénouement révèlera sa qualité dans le pays.








