L’A64 à nouveau bloquée : La colère des agriculteurs renaît de ses cendres
Les agriculteurs sont en colère et ils le font savoir
Le dialogue entre les éleveurs et le Gouvernement ne semble plus possible entre des éleveurs exaspérés et désespérés et un Ministère de l’Agriculture arc-bouté sur une décision qui fait polémique : l’abattage systématique des troupeaux de bovins atteints de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), épidémie dont plusieurs foyers ont été détectés en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.
L’élément déclencheur du blocage de l’autoroute A64 en Haute-Garonne, c’est l’abattage ce vendredi 12 décembre de la totalité du troupeau à Bordes-sur-Arize, en Ariège, dont quelques bêtes sont atteintes de DNC.
Cette décision administrative a été maintenue et exécutée le matin même, malgré la véhémente contestation des éleveurs solidaires, évacués du site la veille manu militari.
Aussitôt, vers 15h 30, à l’appel des Ultras de l’A64 (mouvement né de la colère des agriculteurs en janvier ), une centaine de tracteurs étaient déjà en place pour paralyser à nouveau cet axe majeur en Haute-Garonne.
« Nous avons choisi le même endroit, précise Bertrand Loup, leader des Ultras aux côtés de Jérôme Bayle et Joël Tournier, c’est un symbole. Mais au refus de cette aberration d’abattre tout un troupeau pour quelques bêtes contaminées, s’ajoutent bien d’autres griefs. En fait, quasiment les mêmes que la dernière fois. Les politiques ne veulent rien entendre.»
« Nous n’acceptons plus cette situation, rien n’a été résolu. Et la gestion de l’État de l’épidémie de DNC a fait déborder le vase. »
« Pourtant il y a des solutions techniques de terrain autre que l’abattage administratif du cheptel entier en cas de bêtes contaminées, qui nous est intolérable. Mais Madame la Ministre Annie Genevard, qui semble sourde à nos propositions, va maintenant être obligée de nous écouter. Le blocage continuera tant que nous n’aurons pas de solutions concrètes. Il faut que ça avance. »
« Quant au traité de libre-échange entre le Mercosur (Brésil-Argentine-Paraguay-Uruguay) et l’Europe, c’est un coup de poignard dans le dos des éleveurs, il va être signé la semaine prochaine. D’où l’entrée de viande bas de gamme, bon marché, exemptes des normes sanitaires que nous appliquons ici. Il faut dire et marteler que l’Europe ne protège pas ses agriculteurs qui seront voués à la ruine, sans parler d’un risque de santé publique. En effet, les plus précaires consommeront avec ces viandes de mauvaise qualité des produits toxiques interdits ici. »
« On invite tous les syndicats, structures agricoles et sympathisants, à nous rejoindre pour un blocage non-stop, jusqu’à la victoire. »



