Grégory Chanfreau, écrivain passionné sur les traces oubliées de la civilisation gauloise en Comminges

L’auteur commingeois Grégory Chanfreau revisite, avec son roman historique «Le silence des Carnyx», la guerre des Gaules de Gergovie à Alésia, jusqu’à l’ultime bataille d’Uxellodunum, un fort situé dans le département du Lot. Grégory Chanfreau est aussi un chercheur passionné et un défricheur tenace en quête des vestiges oubliés de la civilisation gauloise en Comminges.

Son roman se découvre comme une résurgence et un témoignage du passé gaulois, de sa culture, de ses croyances et de sa vitalité dans les temps qui ont précédé l’affrontement de ces deux grandes figures  que furent et sont restés Vercingétorix et Jules César, dans une «guerre immonde et passionnante». Grégory Chanfreau a donné une conférence sur le sujet aux collégiens de l’institution  Sainte Thérèse à Saint Gaudens.

La révélation d’un héritage gaulois prégnant

Ce passé trop ignoré est pourtant omniprésent. Il imprègne encore aujourd’hui des noms de villes, de rivières, de montagnes, de régions dont l’étymologie remonte à l’époque pré-gallo-romaine, à commencer par le Comminges qui hérite son nom des gaulois qui occupaient le territoire, les Convènes.

Il en est ainsi en de multiples lieux avec les Ausques (Auch), les Cadurques  (Cahors), les Ruthènes (Rodez avec ses habitants les ruthénois), les Arvernes (Auvergne), les Pictons (Poitou), les Parisii (Paris), les Sénons (la Seine)…

Idem pour bien des lieux et villages du Comminges: Saint Pé d’Ardet (Artahe, dieu ours du panthéon des Convènes), le Bazert (Basaerte, dieu vital de la nature profonde et sauvage), Eup (Erriape, dieu des marbriers), Saint Bertrand de Comminges, ex Lugdunum Convenarum construite sur le Mont Lug (Lug, dieu gaulois omni compétent)…

Un territoire commingeois parsemé de vestiges archéologiques, des fondations apparentes de dunons (places fortifiées) à Saint Martory, Montsérié, des empierrements révélant l’emplacement d’anciens villages comme au Bout-du-Puy sur la commune de Valentine…

La guerre des Gaules, un choc de civilisations

Grégory Chanfreau a retracé pour les élèves les grands traits des organisations sociales gauloises, les tribus avec leurs chefs élus, avec les druides (leurs compétences intellectuelles, leurs croyances polythéistes), les paysans, les forgerons, les  vanniers, les guerriers  («les meilleurs au combat, si l’on occulte la discipline romaine»). Il a aussi dessiné l’organisation politique qui régissait la cité et l’empire de Rome («pour comprendre ce qui a amené César à venir en Gaule»), avec les rivalités entre «deux partis politiques opposés, les Populares (proches du peuple, avec Jules César) et les Optimates (le parti aristocrate, avec Pompée)» qui vont amener Jules César à s’intéresser aux territoires transalpins pour conforter sa quête de pouvoir.

Grégory Chanfreau a offert un éclairage inédit sur le contexte et le déroulement de la guerre des Gaules, sur le jeu des alliances peu homogènes des tribus gauloises (les unes alliées à Vercingétorix, les autres à Jules César), sur les organisations et les stratégies militaires.

«Le silence des Carnyx», une version romancée de la guerre des Gaules

«Le silence des Carnyx», c’est celui qui recouvre le champ de bataille quand les combats ont cessé et que ces trompes de guerre gauloises destinées à effrayer l’ennemi se sont tues. Le livre de Grégory Chanfreau offre une version romancée de la guerre des Gaules dans le sillage d’un personnage imaginaire, Abellion, un rige (roi) Convène, que l’auteur a engagé dans la guerre des Gaules  aux cotés de deux chefs gaulois historiques, la Cadurque Lucterios et le Sénon Drappès. L’ouvrage contient de surcroît un glossaire fournissant des mots du vocabulaire gaulois.

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