Portrait : Julien Barousse, houblonnier à Saint-Marcet, une reconversion pétillante

Julien Barousse a 37 ans, il s’est lancé en 2020 dans la culture du houblon sur deux hectares, à Saint-Marcet. Son exploitation est joliment baptisée Les Fleurs du Brasseur. « Je ne suis pas brasseur précise-t-il avec un sourire, je suis houblonnier. » Il vit avec sa compagne Emérance sa première aventure agricole, par choix et par passion. Né à Toulouse, il connaît bien la région car ses grands-parents possédaient une petite ferme à Aulon.

« J’ai découvert la bière artisanale et sa fabrication à travers une association toulousaine de brasseurs amateurs. Le but étant d’avoir de bonnes bières aux goûts différents et typés. J’avais dans mon jardin quelques plants de houblon pour fabriquer moi-même un peu de bière. Je me suis aperçu que les brasseurs avaient des difficultés à s’approvisionner en houblon local, contrairement à l’orge et au malt. C’est ainsi que j’ai décidé d’en cultiver pour les fournir. Et ça correspond tout à fait à mon besoin de nature, de grand air, d’activité physique et de créativité. »

Julien a quitté son métier dans l’industrie et s’est reconverti. Il a trouvé sa terre grâce à l’ADEAR 31, association d’aide à l’installation de paysans en bio. L’immense parcelle a été achetée à plusieurs, en GFA (groupement foncier agricole), et partagée pour chaque exploitant. « Nous sommes quatre ici, moi en houblon, deux en maraîchage et un autre en polyculture-élevage. Je suis allée me former en Alsace avant de me lancer. »

A quelques mètres de la ferme, le champ de houblon dresse ses mats métalliques à 6 mètres de hauteur, haubanés d’un alignement puissant de câbles d’acier. Les plantes grimpantes enroulent leurs volutes verdoyantes autour de longues cordes avec vigueur. On compte ici 80 km de corde au total ! Julien utilise les techniques requises par le rigoureux cahier des charges en bio, les moutons servent de tondeuses dans les allées enherbées du champ et l’eau de la Louge pourvoit à l’irrigation.

Une culture exigeante

Les origines de la bière remontent à près de 10 000 ans. Le houblon, un des ingrédients des bières modernes, est ajouté depuis le XVème siècle.  La culture du houblon s’apparente un peu à celle de la vigne. Il y a un effet terroir, qui influence les saveurs, exactement comme pour un cépage. Le climat et le sol commingeois lui conviennent très bien. Les pieds plantés par Julien, ont des noms évocateur, Mistral, Barbe-Rouge, Nugget… Ils sont vivaces, restent en terre et se développent d’année en année. La récolte des fleurs, en forme de cônes vert pâle, intervient en fin août sur les lianes qui sont montées à l’assaut des supports. Elles sont triées, séchées, dans un bâtiment dédié, avec des machines spécifiques. « On récolte à la main, on casse la ficelle, on charge les plantes sur la remorque, et direction le bâtiment de triage. Il ne faut pas perdre de temps à ce moment-là, tout doit se faire en à peine 4 heures, pour garder la fraîcheur du houblon. » Il y a deux coups de feu dans l’année, en avril il faut tailler le houblon qui repart et installer les km de ficelles ; et fin août début septembre, tout doit être récolté en 2-3 semaines.

Le seul houblonnier du grand Sud

Les débouchés pour sa production sont abondants, car Julien est le seul houblonnier du Sud-Ouest « Pas beaucoup de concurrence, sourit-il, les plus proches sont en Espagne ou en Aveyron ». Même si l’activité connaît un engouement actuellement, la niche est fructueuse et le marché ouvert. Il fournit près d’une vingtaine de petites brasseries sur Toulouse et la région et il est sûr que sa prochaine récolte est déjà retenue. Et les volumes récoltés s’accroissent, cette troisième récolte qui s’annonce sera plus abondante. Par précaution toutefois, il travaille dans l’administration : « ça sécurise ma situation avant que le houblon ne soit réellement rentable. Il faut attendre encore un peu mais c’est en très bonne voie. »

« Ici je suis très bien intégré, mon activité suscite des questions et de l’intérêt, et j’aime la faire découvrir et créer du lien. » Julien Barousse et Emérance sont les agriculteurs d’aujourd’hui, riches d’initiatives et de projets, qui irriguent le territoire de dynamisme et font pousser l’espérance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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