Tribunal Saint Gaudens : il nie les violences sur sa compagne et demande un délai pour préparer sa défense

Dans le box, le prévenu de 22 ans compte à son passif un solide panel de condamnations en tous genres. Il est présenté en comparution immédiate ce jeudi 20 janvier pour s’être une nouvelle fois illustré à sa façon au cours des 5 jours précédents.

Il comparait pour trois motifs collationnés en deux temps. Le samedi 15 janvier : d’abord, violence contre sa compagne (en présence d’un mineur), et ensuite, détérioration d’un bien appartenant à autrui (en récidive) : en l’occurrence il s’agit cette fois du véhicule de sa compagne. Et enfin, il est poursuivi pour outrages à personnes dépositaires de l’autorité publique, à savoir les forces de l’ordre qui l’ont interpellé le mardi 18 janvier, qu’il a copieusement injuriées et même menacées.

Il a été placé en garde à vue.

Le prévenu nie toute violence contre sa compagne et demande un délai pour préparer sa défense

Le prévenu ne reconnaît pas les violences à l’encontre de sa compagne au domicile de laquelle il vit depuis 4 ans, « juste des disputes » dit-il. « J’ai reconnu les choses que j’avais faites. On me reproche des choses que je n’ai pas faites ».

Le prévenu  demande un délai pour préparer sa défense, ce qui est accepté. Il souhaite aussi rentrer chez ses parents en attendant la date de la nouvelle audience; cette dernière demande va se révéler trop risquée aux yeux des juges pour être accordée, compte tenu du comportement passé et très récent du personnage…

Risque de réitération des faits par l’auteur et peur des représailles pour la victime

La présidente fait état d’un risque de réitération des faits. L’individu a déjà fait l’objet de 15 condamnations pour des motifs aussi variés que récurrents: vols en réunion, vols avec violence, violences en réunion, menaces de mort, outrages à personnes dépositaires de l’autorité publique, dégradations… Le prévenu semble indifférent à l’évocation de son casier judiciaire par la présidente qui égrène les faits délictueux et les peines prononcées ; il échange des regards avec les deux seules personnes présentes, au fond de la salle d’audience, un homme et une femme, sa mère.

La présidente précise que le prévenu ne travaille pas. Il semble qu’il n’ait jamais travaillé et selon le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) l’intéressé serait « attentiste », ayant « loupé presque tous les rendez-vous ».

Par ailleurs, sa compagne, victime présumée violentée « n’a pas déposé plainte par peur de représailles » précise la présidente. Elle observe que les parents du prévenu se sont présentés au domicile de sa compagne. « Pour faire le point, pas pour mettre la pression » affirme le prévenu qui reconnaît des disputes avec celle qui est désormais son ex-compagne. Et il continue à nier les violences physiques : « je ne l’ai jamais battue, en aucun cas je l’ai tapée ».

Un prévenu qui « se dérobe », jusqu’à s’échapper du tribunal lors d’une procédure antérieure

Le réquisitoire débuté est soudainement interrompu par un éclat de voix de la mère du prévenu qui se lève et quitte la salle d’audience avec fracas en claquant la porte. La présidente demande au greffier de noter l’invective.

La procureure poursuit : « nous avons des personnes victimes qui sont dans la crainte, c’est leur ressenti ; on ne peut même pas espérer le calme à l’audience ; cela dénote une ambiance qui ne permet pas la sérénité ». La procureure observe que lors des précédentes procédures, le prévenu a été un habitué de la non reconnaissance des faits qui « souvent se dérobe ». Il s’est même « échappé du tribunal dans le cadre d’une précédente procédure judiciaire (…). Je veux qu’il soit présent à son audience de jugement».

Elle veut aussi éviter la réitération de faits délictueux, son passé en est parsemé, et elle veut écarter « le risque de pression sur la victime (…). J’ai fait le maximum pour que la victime accepte de témoigner, elle a opposé un refus catégorique. Elle ne veut pas d’avocat non plus. Pour autant, elle maintient ses dénonciations ». En conséquence, la procureure demande le maintien en détention du prévenu.

Le prévenu : « les violences reprochées, je ne les reconnaitrai pas »

Son avocate demande à ce que le prévenu ne soit pas maintenu en détention, «Ses parents peuvent l’accueillir à leur domicile qui se trouve à une certaine distance de celui de (son ex compagne)». Elle demande qu’il soit soumis à des obligations très strictes, très strictement contrôlées, notamment l’interdiction de contact avec la victime : « Il assume ses responsabilités, même s’il ne reconnaît pas tous les faits qui lui sont reprochés, ce qui est un droit (…). Il se tiendra à ses obligations. Il a un conseil ». Le mot de la fin est revenu au prévenu : « j’ai reconnu tout ce que j’avais fait. Les violences reprochées (contre sa compagne) je ne les reconnaitrai pas. Il n’y a jamais eu de violence, je ne l’ai jamais touchée ».

Audience du jugement reportée

Après avoir délibéré, le tribunal s’est prononcé pour le maintien en détention du prévenu jusqu’à l’audience de jugement reportée au mois de février 2022.

 

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