A travers ses actions et ses travaux, le Syndicat de gestion de la Save et ses affluents (Sygesave) a constaté les dégâts que provoquent depuis des années les écrevisses invasives, venues de Californie et de Louisiane. Ces deux espèces ont en effet un impact néfaste sur l’état des milieux aquatiques, contrairement à l’autochtone aux pattes blanches, qui fait partie de la chaîne alimentaire naturelle locale. Elle est d’ailleurs devenue une espèce en danger, classée en liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

« Les Fédérations de pêche, explique Héloïse Sandre, technicienne de rivière chargée de communication, ont la compétence faune aquatique. En partenariat avec celles de Haute-Garonne et du Gers, nous mettons en place une étude pour établir un diagnostic de la population et son action sur les rivières et les berges. Ce qui permettra de déterminer quels cours d’eau sont en bon ou mauvais état, en fonction de la présence plus ou moins importante de ces invasives. On sait qu’elles influent sur la faune piscicole, mais aussi sur les berges. Ces écrevisses, notamment celles de Louisiane, creusent des galeries et fragilisent les talus. Comme elles sont omnivores et voraces, elles se nourrissent aussi de végétaux et détruisent la ripisylve*.”

Un protocole a été testé cette année et sera appliqué sur l’ensemble du territoire de Sygesave en 2022. “Deux essais ont été faits, d’abord avec la pose de nasses, pour déterminer les aires de répartition et la population. Ensuite avec la pose de balances, sorte de filets, pendant 3 fois 20 mn sur une période donnée. On fait un comptage, et un recensement de la taille et du poids des individus ramassés. » Pour les lacs et étangs, les Fédérations de pêche prendront plus tard le relais du Sygesave, ce sont elles qui ont la compétence Plans d’eau.

Ce travail minutieux et de longue haleine est un aspect important du rôle du Syndicat dans la protection environnementale des cours d’eau de la région.

*ripisylve : végétation des berges