Occupant depuis 2014 le fauteuil de sénateur, Pierre Medevielle, ancien maire de Boulogne, ancien conseiller général de la Haute-Garonne, a rejoint Les Indépendants République et Territoires, s’inscrivant dans la majorité sénatoriale. Il participe à de nombreux travaux parlementaires et assume plusieurs fonctions au sein de la Chambre. Il est en effet membre de plusieurs groupes parlementaires : sur le retrait du Royaume-Uni et la refondation de l’Union européenne ; la mission d’information « rôle, place, compétences des départements dans les régions fusionnées aujourd’hui et demain » ; le groupe français de l’Union Interparlementaire (UIP) ; le Conseil d’administration du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres. Président du rassemblement interparlementaire d’amitié France-Irlande, il fait également partie des groupes d’études Agriculture, alimentation, section Pêche ; Aviation civile ; Chasse et pêche ; Développement économique de la montagne ; Pratiques sportives et grands événements sportifs.

LPR : Quelle est votre approche de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid 19 ?

« On est enfin à l’heure des bilans, le pire est derrière nous. Avec le recul, comparativement à nos voisins européens, la crise dans notre pays a été fort bien gérée. Il est vrai que les gens n’ont pas compris les hésitations du gouvernement et des autorités responsables. Et pourtant ces incertitudes étaient légitimes. Je l’ai bien constaté au sein de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, dont je fais partie, nous ne savions pas où nous allions. Il a fallu tâtonner, s’adapter, et prendre des décisions difficiles, comme le confinement, qui a un coût financier très important. C’était en quelque sorte se placer entre le marteau et l’enclume, avec d’un côté les scientifiques qui réclamaient le confinement total, et de l’autre le monde de l’économie et de la finance qui ne voulait pas en entendre parler. »

« La France s’est fixé un cap, celui de la réanimation. A chaque menace de saturation en réanimation, il y a eu confinement. Ce fut le bon choix, car contrairement à l’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal par exemple, tout le monde a pu être soigné dans de bonnes conditions. Ce que l’on peut regretter c’est le manque de cohésion des formations politiques, qui veulent tirer leur épingle du jeu. Les élections présidentielles ne sont pas loin. Les Républicains votant le confinement mais se positionnant contre les mesures de confinement, ce n’est pas sérieux. De même lors des consultations au Sénat, ça a parfois tourné à la mascarade. On est victime de cette indiscipline chronique typiquement française. Devant cette crise majeure et l’état d’urgence, il fallait donner au gouvernement les moyens d’agir rapidement. »

« L’isolement, disons-le, a été raté. Il aurait fallu isoler drastiquement les personnes testées positives. C’est le même problème avec les soignants non vaccinés, qui font courir des risques à l’hôpital. Je me souviens lors de l’épidémie d’hépatite en 2010, j’étais hospitalier au Centre de rééducation de Saint-Blancard (Gers), on ne nous a pas demandé notre avis, la vaccination fut obligatoire. Rappelons qu’actuellement en réanimation -à ne pas confondre avec les urgences- il y a 9 personnes sur 10 qui ne sont pas vaccinées, ça se passe de commentaire. Bien sûr je respecte les choix de chacun mais à ce moment-là il faut assumer les contraintes et les interdictions qui vont avec. »

« Le Comminges, comme toutes les zones rurales, a été globalement moins touché en raison de la faible concentration démographique. La vaccination avance bien, et c’est tant mieux car il n’y a pas de traitement au Covid 19. Même si l’on atteint l’immunité collective, les rappels seront sans doute nécessaires. La page de la crise sanitaire doit être tournée. Un effort considérable a déjà été fait pour soutenir les entreprises touchées par la crise. On observe en ce moment un paradoxe : les offres d’emploi affluent, mais elles sont plus importantes que la demande semble-t-il. Il faut dire que nous sommes retombés dans un système d’assistanat, pour certaines catégories professionnelles, qui n’incitent malheureusement pas les gens à travailler. Restaurer l’économie, qui a souffert gravement et qui m’inquiète davantage, est une priorité. »

LPR : Quelle est votre analyse politique à la veille des élections présidentielles ?

« La relance doit être la base de la politique actuelle. C’est l’urgence nationale. Au niveau des affaires quotidiennes, il faut garder la tête dans le guidon pour relancer la vaccination régulièrement, car elle seule permet de sortir de la crise sanitaire. Si guerre il y a eu, c’est contre un virus mais la comparaison s’arrête là, il n’y a pas de destruction du pays, pas de reconstruction ni de plan Marshall. Mais la classe politique et l’ensemble de la nation doivent se retrousser les manches pour sortir de l’ornière. L’effort doit être collectif et il faut retrouver le sens de l’intérêt commun. Quant aux pronostics pour les présidentielles, ils sont difficiles dans la mesure où toutes les candidatures ne sont pas encore déclarées. A mon avis, on pourra y retrouver Emmanuel Macron. Bien qu’il ne se soit pas encore prononcé, il est d’ores et déjà crédité d’un bon pourcentage d’intentions de votes. Face à lui, pourquoi pas le candidat des Républicains. A condition que ces derniers ne s’autodétruisent pas, ce qu’ils savent très bien faire. Le pire scénario serait de retrouver les extrêmes des deux bords, et la première étape est d’abord de lutter contre cette éventualité. »

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