Le dernier des Mohicans. C’est ainsi que se définitlui-même Michel Vignau, 54 ans de marché derrière lui.

La casquette vissée sur la tête, bien campé sur ses jambes, Michel à l’aube de ses soixante-quinze printemps est aux petits soins pour ses clientes. Et pas envie de s’arrêter ! Il est là, bien présent en ce lundi de Pâques. Avec de la répartie propre cette vie ambulante.

Sur son étal, un inventaire à la Prévert : boutons de toutes dimensions, à pression ou pas, fermetures éclairs, fils de toutes couleurs, rubans, ciseaux, des aiguilles, etc., etc.

Un stock impressionnant. « Ma mère faisait déjà les marchés. Nous avons possédé également chacun un magasin à Tarbes, elle dans la mercerie, moi dans la confection. 25 ans !

Et j’ai commencé à racheter des stocks de magasins qui fermaient. Le premier, la Rose de France à Tarbes. D’autres ont suivi. J’ai sillonné la France pour faire les plus grosses braderies qui existaient à l’époque. J’y allais avec peu de produits différents à vendre. Je faisais le camelot. »

Aujourd’hui, Michel ne participe plus qu’à quatre marchés : Argelès-Gazost, Montréjeau (tous les quinze jours), Tarbes et Vic en Bigorre.

«C ‘est la Bérézina complète. Les marchés chutent de plus en plus depuis une quinzaine d’années. Ils ne sont plus attractifs pour les clients. Si j’avais trente ans de moins, je ne pourrais pas vivre de ce que je fais. Aujourd’hui, ça paie la gamelle. »

A noter qu’avec les nouvelles mesures sanitaires, Michel, tout comme ses collègues appelés « non essentiels », ne sera pas présent avant le mois de mai prochain.