C’est fort de sa générosité de coeur et de son humanisme légendaire que le 22 mars 2020 le citoyen Ali Benarfa, par ailleurs maire adjoint de Carbonne, lançait un appel à tous ses nombreux contacts WhatsApp. Il les invitait à se montrer solidaires de leurs voisins isolés par ce confinement sans précédent, dû à la pandémie de la Covid 19. Sans qu’il s’en doute, une grande aventure humaine venait de naître.

Déboussolés par ce virus qui effrayait et qui nous confinait dans un isolement social, apeurés par des gouvernants qui n’avaient pas su anticiper et qui montraient un amateurisme déconcertant, nombre de citoyens ont ressenti ce besoin de se rendre utiles et d’exprimer une solidarité qui ne demandait qu’à éclore. Ils n’attendaient qu’un élément déclenchant que constitua ce fameux appel du 22 mars 2020. Une grosse « machine de guerre » se mettait en route.

Partagé des centaines de fois, ce message qui ne se voulait être qu’une incitation pour rendre visite à son voisin isolé, s’est vite transformé en autre chose, échappant ainsi à l’idée première de Ali Benarfa. Des centaines de bénévoles se sont regroupées et ont formé un collectif qui s’est appelé « Carbonne Entraide ». Une nécessité impérieuse s’est imposée pour structurer cette nouvelle entité qui palliait à toutes les carences du moment qu’elles soient nationales et locales. C’est ainsi que Catherine Vogel et Sylvie Pirès-André se sont retrouvées co-coordinatrices des actions entreprises. La priorité a été donnée à la collecte et à la fabrication de blouses et de masques (plusieurs milliers) pour les distribuer aux soignants qui manquaient de tout. Médecins, infirmières, aides soignantes et autres personnels intervenants ont ainsi pu exercer leur métier sans prendre de risques inconsidérés. Un travail colossal des logisticiens, des couturières, des téléopératrices, des chauffeurs livreurs qui s’est diversifié au fil de l’eau dans l’alimentaire, le culturel et d’autres secteurs encore. Une solidarité à 360 degrés et une autre manière d’appréhender la vie en collectivité : un laboratoire pour le monde de demain dont il se parlait tant il y a 1 an.

Et puis, comme il arrive souvent, quelques petits grains de sable sont apparus. Ils n’enlèveront jamais tout ce qui a été fait avec générosité, enthousiasme, professionnalisme et altruisme. Catherine Vogel en démissionnant de son poste a choisi de partir par la petite porte. Sylvie Pirès-André avec la satisfaction du travail accompli est retournée à son commerce quand il lui a été permis de retravailler. Tous les bénévoles, petit à petit, ont quitté ce navire jusqu’à ce que le bateau vidé de son équipage soit ancré dans le port de l’oubli au quai de l’Espoir.

Le temps a passé mais il n’est jamais trop tard pour faire un debriefing officiel avec les autorités locales car de nouvelles catastrophes graves reviendront tôt ou tard et on aura sûrement besoin d’un Carbonne Entraide ou d’un Volvestre Entraide et de ses expériences acquises dans la gestion de crises. Il n’est jamais trop tard de remercier officiellement les bénévoles pour tout ce qui a été fait dans l’abnégation et le don de soi.

Les valeurs humanistes du Volvestre ne sont pas restées à quai. Le bateau a hissé les voiles et dans l’esprit de Carbonne Entraide, le cap a été mis sur le Mali. Solidarité Enfance Internationale a éclos de cet esprit de générosité qui est né le 22 mars 2020. S.E.I. accompagne 260 enfants en très grande précarité dont 75 sont hébergés dans un orphelinat. Une école de 6 classes a déjà été reconstruite et d’autres projets sont en cours. Personne ne fera le monde de demain à notre place.

La rédaction de Petite République et ses lecteurs qui portent ses valeurs de solidarité remercient tous ces bénévoles anonymes pour tout ce qu’ils ont fait ou pu faire avec un clin d’oeil à monsieur Ali Benarfa d’avoir été ce déclencheur en utilisant à bon escient les réseaux sociaux qui sont un vecteur essentiel de communication quand on les utilise correctement.