Vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, tel est le quotidien depuis un an pour Jean-Luc Lacoste, directeur de l’Ehpad l’Hermitage et son personnel.

« Nous n’étions pas préparé à cette pandémie. Nous vivons une pression permanente », confie Jean-Luc Lacoste à Petite République.

A l’Hermitage, un salarié était testé positif tout au début de la pandémie, puis un autre. Une famille également. Et entre Noël et le jour de l’an, deux salariés et un résident. Et aujourd’hui, un autre salarié. « Et ce malgré les gestes barrière. A chaque fois, nous faisons en sorte qu’il n’y ait pas de propagation. Mais nous ne sommes pas meilleurs que nos collègues. Tous appliquent les mêmes protocoles. Peut-être parce que nous sommes-nous proches de Lourdes, que c’est un miracle que nous n’ayons pas eu à déplorer de décès ? »

Des outils pour éviter l’entrée du virus.

« J’ai la chance de travailler avec une excellente équipe. Tous sont conscients des risques et respectent les gestes barrière. Des tests sont mis à leur disposition lorsqu’ils le souhaitent. Ils sont imposés à chaque retour de congés. Au sujet des tests, un grand coup de chapeau à Roxane Steux du laboratoire d’analyses de Montréjeau. Elle a formé les infirmiers de l’Ehpad à la pratique des tests et se déplace pour en réaliser. Les résultats, nous les avons en 24 heures. Un autre coup de chapeau au docteur Philippe Perrot de Saint-Gaudens, médecin coordonnateur de l’établissement qui ne compte ni son temps, ni son énergie.

Je n’impose pas non plus les prises de température, tant chez le personnel que les résidents. »

Les familles font confiance, les résidents apprécient.

Hormis durant le premier confinement, les visites ont été maintenues. Les familles peuvent voir leurs aînés, sur rendez-vous, dans un chalet au milieu du parc. « Nous allons en installer un second pour faciliter les visites. »

Autre point positif pour les résidents : il n’y a jamais eu de confinement généralisé. Bien entendu, ceux qui étaient testés positifs prenaient leur repas en chambre. Les autres, étaient réunis dans la salle à manger. Plusieurs services sont instaurés. « Encore un coup de chapeau. Cette fois pour l’équipe de restauration de la société Acsent qui propose chaque jour des repas équilibrés et qui met les petits plats dans les grands pour des évènements, comme Noël par exemple. »

Et la vaccination ?

« La première injection était réalisée les 2 et 4 février. La seconde, les 23 et 24 du même mois. Sur 87 résidents, 70 ont accepté (ou leurs tuteurs), la vaccination. Quatorze ne l’ont pas souhaitée, deux avaient eu le covid et un était malheureusement en fin de vie. Les salariés de plus de 60 ans sont également vaccinés. L’approvisionnement des vaccins est réalisé par la pharmacie du Mont Royal. A propos de cette vaccination, je considère qu’il s’agit d’un devoir national. »

Et l’avenir ?

« Nous ne changeons rien sur le fonctionnement. Nous allons étudier la possibilité de sorties, par petits groupes, au lac. Les résidents en ont besoin. Besoin également de la coiffeuse Véronique Marendat et de l’esthéticienne Brigitte Castets, qui outre leurs prestations, apportent de la gaité et de la chaleur dans le cœur des résidents.

Vous savez en un an, je n’ai quasiment pas pris de congés. Ma famille réside dans la région paloise. C’est difficile mais elle me soutient également. Je pense que je pourrais partir un peu car les infirmiers et le médecin seraient capables de faire face. Mais je culpabiliserai. Ne dit-on pas que le capitaine n’abandonne pas le navire ? »