Il y a des pastilles comme celle-là, qui s’avèrent difficiles à passer. Elles raclent le fond de la gorge et y roulent comme les deux boules d’un sifflet. Un sifflet d’arbitre : les dirigeants du Racing Saint-Gaudinois s’insurgent bien souvent du manque d’impartialité des juges de champ qui, nommés par la fédération, se voient confier la responsabilité de matchs engagés. Il ne s’agit peut-être que de sport. Et même si l’arbitrage est par définition arbitraire et que l’erreur est toujours humaine, la complaisance et l’indulgence restent de mise, par courtoisie.

Mais le sentiment d’injustice, récurrent, agace. Quels que soient leurs camps, les quelques observateurs du match Villeneuve – Saint-Gaudens l’attestent dans l’unanimité. Essai refusé, essai de pénalité accordé à l’adversaire, multiples cartons jaunes. L’indiscipline des Commingeois n’était pas si flagrante. M. Perreira leur a fait perdre un match important. Confiné devant son écran, le président Lagèze a lui aussi son parti pris. Sa gouaille et son franc parler sont à entendre : « Je suis vraiment fier du match des garçons, clame-t-il. Ils ont montré la valeur de leur collectif. Je souhaite qu’ils continuent à croire en eux. J’envisage sérieusement d’écrire à la commission d’arbitrage pour leur demander un peu plus d’objectivité … Ou alors de demander à Valentin Dumas et à Valentin Chanet de changer de nom : les arbitres ne sauront alors plus à qui distribuer les biscottes. Plus sérieusement, notre équipe et nos joueurs font des efforts au quotidien, ils se remettent en question. C’est là une preuve d’intelligence et d’humilité. Je voudrais que certains de nos arbitres puissent en faire de même. Nous avons besoin du corps arbitral. Mais surtout de son objectivité. Ma critique se veut constructive, quand bien même elle sera acceptée. A bon entendeur… »