L’Occitan à l’ordre du jour au Conseil de la C.C. Cagire Garonne Salat le 19 novembre

La Motion en faveur de l’Occitan à l’école a été inscrite dans les questions diverses. Elle a été présentée et plaidée par Marie-Christine IIorens Maire de Montespan en considération de la demande émise par le Président de l’association Eth Ostau Comengès Jean-Paul Ferré

Pour rappel, l’article 75-1 de la Constitution française dispose : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».

Le Président de la République a déclaré à Quimper le 21 juin 2018 : « Les langues régionales jouent un rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement. »

Toutefois, il est constaté par le Rectorat de Toulouse une baisse des effectifs au lycée de 20/100. L’effet est une conséquence de l’institution du nouveau baccalauréat avec l’occitan en option facultative avec un coefficient trois fois inférieur à celui des langues anciennes, soit constituant 1/100 de la note finale. Le fait que les étudiants ayant choisis l’occitan ne puissent plus bénéficier d’une deuxième option, contrairement aux latinistes et hellénistes qui eux peuvent cumuler les options facultatives interroge. Sans céder au syndrome du complot suggérant de méchants jacobins obsédés par l’éradication des langues régionales, la conséquence de ces nouvelles contraintes avec le nouveau baccalauréat sera fatalement la diminution des effectifs. De là, il n’y aurait qu’un pas à franchir pour supprimer l’option occitan au lycée avec l’argument de la baisse d’effectif dans cette option.

De nombreux parlementaires, d’élus locaux, ainsi que celle des fédérations de parents d’élèves et d’enseignants se sont mobilisés pour produire un amendement à ces nouvelles contraintes imposées à la transmission des langues régionales.

Dans ce sens le Conseil de la C.C. Cagire Garonne Salat a voté à l’unanimité  une demande adressée à la Présidence de la République souhaitant l’amendement en faveur des langues de France, de la réforme du baccalauréat et la promotion de leur enseignement.

Le débat qui s’est déroulé entre les élus en réunion par visioconférence fut particulièrement animé dans les bonnes mesures de la courtoisie, mais chargé sur le fond de la prise de conscience de la difficulté à l’occitan de Gascogne en Comminges à survivre. Depuis l’intrusion dans les foyers d’un nouveau miroir social et culturel au travers des ondes et des écrans, associé à une dévalorisation sociale et scolaire de part les interdictions autrefois de l’usage des langues locales à l’école, les langues de nos territoires aujourd’hui ne sont plus transmises par les familles. Elle demeure au travers des noms de lieux, du cadastre, de la toponymie, dans l’intimité du cercle familial, dans l’accent de moins en moins. Comme l’ont rappelé des élus dans le débat, il faudrait une continuité dans la transmission à l’école depuis le primaire. Il a été évoqué la faiblesse du nombre d’enseignants sur le terrain. La comparaison a été faite dans les échanges avec l’exemple de la Corse et du Pays Basque où de véritables moyens ont été mis en place avec la pratique de l’enseignement bilingue. Il a été rappelé le rôle des Calandretas, trop peu nombreuses, et privées. A la question d’un élu s’interrogeant sur l’opportunité d’enseigner l’occitan à l’école, le Président de la C.C. François Arcangeli a rappelé que l’apprentissage de l’anglais n’est pas incompatible avec celui de l’occitan. Dans la sphère de la pratique des pédagogies actives, il est acquis que l’apprentissage simultané de plusieurs langues a un effet de stimulation intellectuelle. Plus l’on apprendrait de langues, plus les acquisitions seraient rapides.

La consistance des échanges au sein du Conseil sur cette question de notre patrimoine demeure un indicateur d’engagement encourageant de nos élus sur cette question de la transmission des langues locales en Comminges, un bel exemple de débat démocratique.

Pour voir et écouter le débat : Conseil Communautaire du 19 novembre C.C. CGS