Après l’hommage d’Alphonse Arias à Jean Lamoure, grande figure de la pêche à la truite (https://www.petiterepublique.com/2020/11/09/labroquere-hommage-a-jean-lamoure/), ci-dessous celui de l’AAPPMA de Montréjeau et du Haut Comminges. Sous la plume de Michel Bazin.

« Nous avons,  désormais dans le Comminges, une raison de plus d’en vouloir au covid 19. Ce monstre nous a empêchés de rendre à Jean Lamoure, l’hommage que lui ont valus ses qualités d’homme et son prestige  de pêcheur de truites. Il a lutté longtemps, avec courage, avec acharnement, contre cette atteinte à son intégralité physique, avec même opiniâtreté dont il faisait montre face à « Dame  truite »  dans la pratique de son art préféré.

Un artiste de la pêche au toc

Hé oui notre ami était un artiste, de la pêche  à la truite  au toc qu’il maîtrisait parfaitement. Un sens  inné de l’eau, une grande familiarité à la nature, une parfaite maîtrise de sa gestuelle lui permettait de humer un parcours, sachant exactement comment présenter son appât pour l’optimiser totalement, s’intégrant idéalement à la nature.

C’était fascinant de la voir évoluer. Lucide, j’ai souvenir de sa réponse lorsqu’un jour je lui ai demandé pourquoi il ne voulait pas essayer de pêcher au fouet, il m’a dit  « je ne maîtrise pas encore complètement le toc, ce n’est pas le moment de mettre une autre pêche », c’était en 1995.

Un homme simple et disponible

Mais derrière le pêcheur, extraordinaire, il y avait l’homme, simple, disponible, sans manière, guidé par l’envie de partager son loisir préféré.

Agréable  à côtoyer de par sa facilité d’abord qu’il suscitait. Sa présence au sein de l’AAPPMA de Montréjeau nous a permis de partager son côté humain et perfectionniste. Il a participé à la réfection des bassins. Il a sorti, avec son pote  Yves Puysségur, une cassette « de l’œuf à l’épuisette ». Il a été avec Michel Gleyzes, alors président de la société, à l’origine de cette merveilleuse aventure que fut le jumelage  entre Montréjeau et Pierre-Buffière, amenant les deux associations à se retrouver, canne en main, et dans le Limousin et dans le Comminges.  Une belle amitié était née à tel point qu’un des gars du Centre Jacques Bonnefous  revient régulièrement pêcher avec Jean-Pierre Stéfani, un bon aussi, celui-là.

Une implication avec les enfants

Jean s’était également impliqué  dans les annuelles fêtes de la pêche réservées aux enfants, les amenant régulièrement sur le parcours de Labroquère. Avec son petit air malicieux, il n’hésitait pas  à conseiller quiconque lui demandant  un avis ou un tuyau (mis à part sa plombée), comme les grands cuisiniers, il avait ses petits secrets. Il était un fidèle du rassemblement  de Labroquère, le jour de l’ouverture, pour un apéro des plus convivial regroupant les chevaliers de la gaule, dont il se targuait  d’être un des leurs, tout simplement. Il a aussi été élu à trois reprises, maire du village suscité.

Jean Lamoure, nous n’aurons aucun mal à ne pas t’oublier, tu étais déjà dans nos mémoires. »

Crédit photo : Alain Mas. DR.