Henry Russel écrivait : « qu’elles soient trois fois bénies les heures et les années que j’ai passées dans ces régions sereines et lumineuses d’où l’on revient toujours plus pur et plus heureux. »

Né le 9 juin 1937 à Toulouse et décédé à l’hôpital de Saint Gaudens le 30 septembre 2020, Jacques Jolfre était et restera un grand pyrénéiste.

Sa nièce, Isabelle Jolfre, lui rendait un bel hommage lors des obsèques célébrées dans la petite église des Tourreilles. Et elle commence par un dicton «  dans la vie, on a besoin que d’une seule chose pour être heureux : une passion qui nous fait vraiment vibrer. » Et cette passion naît avec un livre.

Sa rencontre avec Norbert Casteret

Ce livre c’est celui de Norbert Casteret « 10 ans sous terre », emprunté à la bibliothèque de Montréjeau, sa ville de résidence. Jacques est âgé alors de 13/14 ans. Il ignore tout de l’auteur et de la spéléologie, mais cet ouvrage l’intrigue. C’est le déclencheur d’une passion débordante. Le 24 juin 1956, en pénétrant dans la grotte de Tibiran, il découvre sur les parois des peintures préhistoriques de mains ocre, noires et rouges, sensiblement identiques à celles de Gargas. Il fait part de cette découverte à Norbert Casteret qui habite Saint Gaudens. C’est le début d’une grande amitié entre les deux hommes. Norbert Casteret l’incorpore dans son équipe. Jacques a alors 19 ans, Norbert 60.

Trente-six livres, 50.000 photos

Il prend des notes sur le vif qu’il retranscrit dans un journal de bord. Huit au total de 200 pages chacun. Son premier ouvrage : « l’appel des profondeurs » en 1965, aux éditions Marabout.

Des photos aussi. 50.000 au total. De la spéléo aux grottes glacées du Marboré, des crevasses des glaciers aux multiples bivouacs sur les sommets. Sans oublier le deltaplane qu’il pratique en solo ou en biplace. Des survols des Pyrénées en avion avec son ami Eric Soulé Lafont, d’où sortira un livre réalisé en commun : « Les Pyrénées vu du ciel. »

Bref, pas un endroit des Pyrénées qui n’est représenté sur la pellicule.

Une existence XXL

Dans les années 70, il réalise la traversée des Pyrénées depuis Hendaye jusqu’à Banyuls.

Un soir de mars 1981, il est victime d’un accident de la route en Espagne : un camion doublant en plein virage. Un an après, sa première sortie est pour le pic du Gar, accompagné de sa nièce Isabelle. 1.000m de dénivelé positif gravit avec ses deux béquilles…

Il réalise 900 explorations, toutes différentes, 187 descentes dans le gouffre d’Esparros  qui lui tient tant à cœur. Un gouffre porte son nom dans le massif du Marboré : le gouffre JJ, à moins 585m.

Il écrit des centaines d’articles dans les revues spécialisées : Pyrénées Magazine, Respyr, Alpirando, Montagnes Magazines, Détours en France, etc.

« Humble et discret, ne faisant guère grand bruit dans les médias, tu as su conserver ton intégrité et ton intimité  bien qu’ayant ta place chez les plus pyrénéistes de notre époque, souligne  Isabelle.