C’est jour de marché ce samedi 10 octobre à Aspet. Vers 11h une colonne d’environ 150 personnes traversent la place à la fois joyeuses et déterminées à exprimer leur protestation contre le méga projet de scierie industrielle du groupe Florian à Lannemezan. Cette manifestation colorée de bannières de diverses organisations parties prenantes, ainsi que des slogans sur des panneaux improvisés faisaient échos aux autres manifestations dans la chaine pyrénéenne organisées ce week-end, sur le même tempo, la même revendication : «  Nous ne voulons pas de cette méga-industrie forestière dans les Pyrénées ! », parce que cette prospective concerne toue la chaine des Pyrénées, chaque vallée, chaque commune.

Bagnère de Bigorre, Saint-Girons, Aspet, Avezac, Oloron et Lannemezan respirent au même rythme insurrectionnel de : « Touches pas à ma Forêt », le label désormais de ce mouvement inscrit pour durer disent les protestataires, à l’image de Notre-Dame des-Landes disent-ils également. Il constitue depuis quelques mois un collectif qui regroupe des syndicats, des partis politiques, des associations, des guides, des bergers, des débardeurs, des artistes, des touristes, des habitants et des élus. Le collectif dénonce : « C’est un déni de Démocratie, il n’y a pas eu de consultation, ni de débat avec les élus ». Ce sont 11 millions d’euros subventionnées à hauteur de 60/100 par les fonds publics qui seraient envisagés selon les contestataires, alors que La Présidente de Région Carole Delga porte publiquement un démenti et rappelle qu’il ne s’agit pour le moment que d’études et qu’à ce jour aucun permis de construire n’a été délivré.

La marche s’acheva sous le préau de l’ancien collège avec un exposé d’un naturaliste de l’association Nature et Comminges, et d’un professionnel du bois de l’ONF  très remontés contre ce qu’ils expriment comme relevant d’une prédation de la forêt Pyrénéenne.

Une exposition de panneaux explicatifs sur la nécessité de la forêt et une décoration végétale situait dans une belle intelligence le cadre des échanges et la conclusion de la matinée par un repas partagé, égrainé de chants et de musiques, mais aussi de promesses de ne pas lâcher.

L’intervention du Maire d’Aspet, Jean-Sebastien Billaud-Chaoui fut très applaudie pour son propos sans équivoque sur les enjeux de ce projet industriel. Cette position rejoint celle de la motion prise par la Communauté de Commune Cagire-Garonne-Salat, la municipalité d’Encausse- les-Thermes, et d’autres municipalités à venir, hostiles au projet industriel Florian.

Au-delà de l’aspect financier de la gestion des fonds publics dans ce projet Florian, la question écologique s’impose avec force dans le débat public, qui plus est, depuis les dernières municipales.

La jeunesse au premier rang est apparue dans la grande rue avec sa pancarte « Enracinons la résistance ». Elle était forte de symbole derrière cette pancarte portant en elle-même toute la légitimité de l’inquiétude sur la question écologique, « C’est notre Monde pour demain matin ! » disent-ils dans une expression d’évidence pathétique.

Le projet Florian impliquerait le prélèvement de 250000M3 de hêtres annuellement sur la chaine des Pyrénées et le Massif Central, soit plus du double que l’extraction actuelle, soit l’équivalent de 1200 stades de foot par an, et la mise en circulation de milliers de camions grumiers supplémentaires sur les routes des vallées. Cette extraction destinée à l’exportation, occasionnerait une véritable prédation mortifère pour la faune et la flore, l’attrait paysagé de nos vallées et la valorisation touristique, les points clefs de la contestation.

« Touches pas à ma forêt » ce sont aussi déjà des milliers de signatures. « Ce n’est qu’un début… » pouvions-nous entendre, telle la résonance de l’onde déjà lointaine d’un certain mois de mai.