« Sauvons le CHAL » est une priorité pour Patrick Saulneron et son équipe.

« Cela fait vingt-quatre ans que le Centre du Lugaran, le CHAL, est en situation délicate » affirme Patrick Saulneron, maire. « Depuis 2004, la perte annuelle moyenne s’élève à plus de 180.000€, soit plus de 4.350.000€ à ce jour, somme que les Gourdanais supportent. » D’autant que la commune n’a plus le droit de subventionner ce lieu. La commune a en effet demandé au Centre de gestion 31, l’autorisation pour cette année encore d’aider le centre. Cette demande lui a été refusée.

Reconquête

« Nous avons tenté une première réorganisation qui n’a pas été acceptée, ni par la majorité des élus d’alors, ni par les agents. J’ai donc laissé la situation comme elle était, les choses ne se sont pas améliorées, malgré le fait que tout le monde était informé de la nécessité de redresser le service. Aujourd’hui, nous sommes au pied du mur. Nous n’avons plus le choix : c’est la réorganisation ou la fermeture. » A noter que ce sont douze agents qui travaillent au centre.

La reconquête passe par un changement à la tête. Le conseil municipal a entériné l’embauche d’un ingénieur à temps plein en remplacement de Dominique Michel. Celui-ci sera réaffecté à la voirie en tant qu’adjoint technique de catégorie C (sa qualification actuelle). A noter qu’en 2018, il avait été proposé à Dominique Michel, par le maire, le poste de Secrétaire général des services en remplacement du titulaire partant en retraite. Il a refusé ce poste.

Manifestation

Mercredi 16 septembre, plusieurs membres du syndicat CFDT s’étaient réunis devant la mairie, avant la séance du conseil municipal. Au total, une trentaine de personnes comprenant des agents de service, notamment du Lugaran, l’opposition menée par Serge Larqué et des habitants de la commune.

La délégation CFDT était menée par Audrey Gonzalez, secrétaire générale Interco Haute-Garonne Ariège. « Dominique Michel est employé depuis 2008. Nous sommes surpris de la décision du maire de le mettre « au placard ». C’est une sanction déguisée car il travaille convenablement. Il est intègre et soutenu par son équipe. Nous allons discuter avec le maire et si cela ne marche pas, nous nous dirigerons vers la voie juridique. »

Un échange courtois s’établissait à l’arrivée du maire avec la représentante du syndicat.

René Soulié du groupe d’opposition, prenait la parole durant la séance du conseil. Il fustige la décision du maire, parlant de chaises musicales. « …toutes ces manipulations auront un coût.  ./. Mais qui va payer ? Comme toujours en pareil cas, le contribuable. Mais où sont donc les recettes ? Elles sont hypothétiques. Et un peu plus loin : « en ce qui concerne ces décisions de type entrepreneurial, il est évident qu’elles ne correspondent pas aux règles admises dans une collectivité telle que la nôtre du fait de  la faible population et surtout de la tradition de notre commune où les maires successifs ont toujours protégé le personnel en développant et en maintenant un esprit de famille. »

Reconquête bis

La reconquête passe aussi par la rénovation des bâtiments et le renouvellement du matériel industriel. Une demande de subvention est actuellement en cours auprès de l’Etat et du Département.

Opération séduction le11 septembre. Le maire invitait maires, élus, représentants de crèches et des parents d’élèves à venir déjeuner au centre du Lugaran. L’objectif ? Que ces décideurs et consommateurs refassent confiance aux services du centre. « Notre objectif est de proposer 80% de produits locaux, si possible bio. Les personnes présentes à ce repas sont reparties satisfaites. Certains responsables sont prêts à revenir au Lugaran pour leurs cantines. » A noter que la capacité du centre est de 700 repas/jour.

« Ce que je veux, c’est sauver le centre et l’emploi. Je serai fier de voir nos petits-enfants travailler au Lugaran. »