Les organisateurs du festival du conte en Volvestre ont-ils pris la décision de l’annuler en cet an 2020 ? Tous les détails…

C’était en l’an 2020. Je crois me rappeler que cela devait être en mars ou en avril mais mes souvenirs s’estompent avec le temps qui passe. Et ses mains qui n’arrêtent pas de trembler pour montrer qu’il est peut être temps de partir. Nous étions si heureux dans le temps d’avant. Olivier nous parlait de la chèvre de Monsieur Seguin, Pierre du « gentil » qui habite Latrape et Zabeth jouait de la guitare et riait à la vie. On chantait et on prêtait nos oreilles aux conteurs et aux diseurs de mots. Ils nous les rendaient symboliquement après nous avoir donné ce plaisir de l’émotion et du rire à bouche déployée.

Et puis d’un seul coup, parce que le monde avait joué avec le feu, on nous a enfermé dans nos maisons. Ils ont dit que c’était pour notre bien mais ils nous ont tellement menti que c’était difficile de les croire. La police était intraitable et chassait ceux qui osaient s’aventurer dehors. La répression régnait en maitre et on nous culpabilisait si on n’écoutait pas comme il faut. On nous donnait plein d’informations tout le temps et on nous faisait très peur. La nature avait repris le dessus et des animaux étaient même revenus dans nos villes désertes. On croyait que nous serions assez intelligent pour changer les choses mais la bêtise humaine a été la plus forte.

Le monde s’est arrêté de penser par lui même en muselant la culture. Tout s’est arrêté et le silence est devenu bientôt pesant. Les comédiens sont devenus miséreux en n’exerçant plus leur art. Les diseurs de mots n’avaient plus le droit de conter leurs histoires. On les a fait taire en murant les oreilles attentives qui venaient les écouter.

Alors brave gens, pour la première fois de son histoire, les organisateurs du festival du conte en Volvestre se sont réunis. L’ambiance était lourde et pesante et le petit vin blanc habituel n’était pas de mise. On a résisté tant qu’on a pu mais il a fallu se rendre à l’évidence devant un combat que l’on n’était sûr de perdre. Sans les oreilles, les conteurs ne sont rien.

Alors brave gens, oyé oyé, le festival du conte en Volvestre n’aura pas lieu au mois de juillet comme d’habitude en cet an 2020. Les conteurs ne peuvent pas parler avec un masque sur le visage et les préteurs d’oreille ne peuvent rire avec ce masque comme prison. Derrière la tristesse, il y a toujours une lueur d’espoir. Dans un temps lointain des conteurs nous raconteront qu’une pandémie avait envahi le monde en 2020 et que depuis plus n’a rien n’a été comme avant… Il était une fois et cric et crac…