« Restez-chez-vous », c’est la supplique faite par Séraphin Francisco, chef du centre de secours de Montréjeau. Des panneaux la rappellent d’ailleurs sur les flancs des ambulances.

Petite République a, confinement oblige, réalisé une interview téléphonique du capitaine Séraphin Francisco afin de connaître l’organisation du centre durant cette période de pandémie. Rappelons qu’il n’y a que des volontaires, femmes et hommes à Montréjeau, 39 exactement. Le centre couvre 23 communes, représentant un peu plus de 11.700 habitants.

Petite République : depuis le confinement, qu’y-a-t-il de changé au centre ?

Séraphin Francisco : depuis le confinement, nous engageons le moins de volontaires possible lors des interventions. Avant le confinement, à une alerte répondaient toutes les personnes d’astreinte et ne partaient ensuite que celles qui intervenaient. Aujourd’hui ne viennent au centre que celles qui interviennent. Elles sont choisies selon le type d’intervention à effectuer, les grades et leurs compétences.

PR : Y-a-t-il eu des volontaires qui ont jeté l’éponge par peur ?

SF : Il y a eu de la peur, de l’inquiétude, ce qui est un sentiment parfaitement humain. Mais à l’heure actuelle, tout le monde est là et je les en remercie.

PR : quelle est la proportion des interventions covid-19 ?

SF : Montréjeau a été le premier centre en Haute Garonne à être intervenu auprès de la population pour un cas de covid-19. Personne n’a été impacté par le virus au centre de secours de Montréjeau. Dans d’autres centres, il y a des cas.

Jusqu’à la semaine dernière, nous étions les seuls à être intervenus. Depuis, Saint Gaudens nous a dépassés. Par contre, je ne peux pas donner de chiffres. Ce que je peux dire, c’est que les cas ne sont pas très nombreux. L’âge de la population impactée dans notre secteur commence à 50 ans. Ce sont des personnes qui souffrent déjà de pathologies à risques.

PR : comment se passent les interventions ? Êtes-vous suffisamment protégés ?

SF : lorsqu’on a une intervention à réaliser, ce sont trois personnes qui montent dans l’ambulance. Le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours, NDLR), a mis en place des protocoles spécifiques. Deux sont habillés de combinaisons, protégés par des masques, des lunettes, des gants, des visières. Ce sont eux qui vont intervenir, le troisième reste en retrait dans l’ambulance. Il peut être sollicité et revêtira alors les mêmes protections.

Ces protections, nous les avons en quantité suffisante et elles nous sont remises par le SDIS31.

PR : concernant les autres interventions, leurs chiffres ont-ils chuté ?

SF : par rapport aux chiffres 2019, nous sommes en baisse de douze interventions. Par contre nous sommes intervenus à de multiples reprises début mars lors des orages.

PR : en conclusion ?

SF : comme je l’ai souligné au début, la vie du centre est totalement différente. C’est une autre gestion. Le personnel fait beaucoup d’effort et je les en remercie.  Nous nous adaptons. La vie communautaire n’est plus la même.  Nous  nous voyions  habituellement dans la phase opérationnelle et lors de formations. Aujourd’hui, la phase opérationnelle est restreinte et la formation se fait à distance, en télétravail. Socialement, nous n’avons plus beaucoup de rapport entre nous. Il n’y a plus par exemple de petit café pris après l’intervention, plus de débriefing.

Et ce que je tiens à dire pour terminer, c’est qu’il faut que les gens restent chez eux !