Aurélie C avait programmé avec son copain Adrien un séjour en Australie. Ce voyage minutieusement préparé allait leur permettre de retrouver une amie et un membre de la famille d’Adrien et l’occasion de profiter de 3 bonnes semaines de plaisir de détente, d’aventure…

Départ le 3 mars de Blagnac et déjà une petite appréhension et crainte liées aux rumeurs de propagation du coronavirus. Le voyage se passe sans encombre via Munich, Singapour puis Melbourne. A Singapour, contrôle devant une caméra thermique, tout est ok. Le périple se déroule comme prévu. 2ème semaine, direction la Tasmanie.

Cette île du bout du monde est un véritable sanctuaire pour la faune et la flore! On est un peu hors du temps… c’est magnifique mais la météo pluvieuse n’autorise pas toutes les balades prévues. Très surprenant les incendies qui ont ravagé l’Australie ont créé un micro-climat et les températures qui sont très agréables en cette saison ont fait place au froid! La 3ème semaine conduit Aurélie vers le nord de l’Australie rejoindre une amie. “On ne profite pas pleinement de notre séjour. Chaque jour, les conversations reviennent sur cette épidémie qui maintenant gagne du terrain. Dans certains états les magasins et entreprises commencent à fermer. On pense au retour.” Sur facebook les français s’informent sur la situation en France, l’ambassade submergée ne répond pas forcément aux inquiétudes exprimées, c’est le flou total. C’est le système “débrouille” qui prend le relais. Aurélie a son billet retour (agence) pour ce mardi 24 mars mais il n’en est pas de même pour son compagnon.

 Au stress s’ajoute… l’incompréhension et même la colère

C’est la course au billet. Vent de panique pour beaucoup. Un billet qui normalement tourne autour des 1000 € est proposé à 3, 4, 5 même vu à 13000€! Certains abattus car ils n’ont pas les moyens de se le procurer… pleurent! “L’instinct de survie nous fait perdre un instant le sens des réalités, une forme d’égoïsme nous envahit!”

Finalement Aurélie obtient le précieux sésame pour Adrien qui partira lui le 25 mars. On pense que les avions sont complets mais sa surprise est grande lorsque Aurélie constate que des sièges sont vides, à l’embarquement… Finalement elle arrive le mardi matin 24 mars à Roissy après avoir subi un seul contrôle ( caméra thermique ) à Abu Dhabi (Emirats). Aucun contrôle ni information à son arrivée à Paris puis Toulouse. Elle s’insurge sur ce qui lui paraît de la légèreté. Choquée, elle en réfère aux services du 1er ministre, à Matignon, ce mercredi matin proposant que tous les voyageurs de retour de vacances dès leurs pieds posés sur le sol français soient informés de la situation et des précautions à prendre dans l’immédiat. On l’a écouté poliment. Les paroles seront-elles suivies d’actes concrets?

“Nous sommes des bombes à retardement et pouvons être considérés comme des porteurs du virus. Nous sommes encore sur notre petit nuage “vacances” et l’atterrissage est plutôt moralement douloureux si l’on n’a pas été préparé.”

Enfin voilà un retour à la maison particulièrement apprécié, et…son compagnon Adrien est rentré!